Et voilà, le mois sans Google s'achève, tout du moins l'expérience est terminée ! Ça faisait bien longtemps que je ne m'étais pas autant amusé en fait. Après le bilan purement technique de la semaine dernière (et qui n'a pas évolué), voici donc le bilan plus personnel sur cette petite aventure.
J'exagère à peine en disant ça mais quand on essaye de se passer de Google et que 100% des gens se trouvant autour de vous ne font que utiliser les services proposés par le géant américain, ça complique un peu les choses. Si je demande un partage de document, on me le fait sur Google Doc, si je veux discuter, on me demande GTalk et si on m'envoie une vidéo, elle est invariablement sur Youtube.
Mais là où les choses sont devenues amusantes, c'est quand j'ai viré Google de l'environnement de travail. Là ce fut un choc. Certains, je pense, étaient déjà prêts à me faire interner car faire une recherche sans Google leur paraissaient littéralement inconcevable. D'autres sont venus me voir presque tous les jours ou m'ont appelé pour savoir si ça allait bien... Grand moment de fun !
J'ai du mal à m'expliquer comment on en est arrivé là... Bing et Yahoo semblent inconnus au commun des mortels (ou ont une réputation totalement infondée) et le champ de vision de l'internaute moyen semble se limiter à Google search, Youtube, MsN et Facebook... Ce n'est même pas un cliché, c'est un simple constat. Je ne m'en étais jamais aperçu, mais je trouve ça tellement dommage.
Quelques uns semblaient admiratifs, d'autres curieux et bien sûr certains moqueurs (olol t'y arriveras jamais). C'était d'amusant d'expliquer pourquoi je tentais de faire cela, pourquoi je voulais connaître l'impact réel de Google sur ma "cyber-vie".
Google doc aura été mon combat principal ! Déjà car je ne conçois pas que des compagnies ayant des documents confidentiels puissent utiliser un tel service sans se poser la moindre question et d'autres part, car il n'est pas sain de ne pas être totalement maître de la structure qui héberge nos documents d'entreprise. Je comprends très bien que l'on se dirige vers le Cloud Computing mais ça ne veut pas dire que l'on doit avoir une confiance aveugle en une boîte qui propose ses services gratuitement uniquement basée sur sa bonne réputation...
J'ai donc entrepris un long travail de conversion, toujours en cours, pour sensibiliser aussi bien mes clients que tous ceux que je rencontre sur ce problème. C'est ainsi que j'ai déjà pu structurer des services intranet autour de FengOffice, largement suffisant pour 99% du travail collaboratif et ce, en toute sécurité. Certains renforçant même leur infrastructure pour différents types d'accès. Il n'y a d'ailleurs aucun retour négatif à l'heure actuelle (mais c'est un peu court encore comme délai).
Aujourd'hui je conçois Google Doc plutôt comme un service idéal pour le particulier ou pour une entreprise qui désire recruter (on y met les CVs, etc.), en fait pour tout ce qui ne compose pas le centre névralgique des compagnies et tout ce qui nécessite un contact avec le public. Utiliser Google Doc pour y déposer des contrats de service confidentiels et négociés ou des images exclusives pour un projet n'est vraiment pas une chose à faire et c'est totalement irresponsable.
La mentalité du tout-gratuit a finalement beaucoup de conséquences sur le monde de l'entreprise et rien de très positif puisque la sécurité est abandonnée au détriment d'économies qui peuvent se retourner contre la compagnie elle-même. Quant au privé, il n'y a pas vraiment de problèmes à ce niveau, chacun fait un peu ce qu'il veut et dépenser de l'argent inutilement ou du temps n'intéresse pas forcément grand monde.
Par contre, il ne faut pas se plaindre si on perd un document, si le service est inaccessible, si Google analyse vos usages aux fins de statistiques ou encore si le service ferme... Après tout, c'est leur droit, vous profitez du service d'une compagnie privée qui cherche une rentabilité quelque part et, je le répète : rien n'est gratuit. J'ai donc choisi, aussi bien professionnellement que personnellement d'utiliser des solutions opensource pour l'ensemble du travail collaboratif que je fais et d'abandonner totalement les solutions Google Doc.
Pour la recherche, Google ne sera plus mon moteur principal et je continuerai à en tester d'autres puisque Bing, que j'ai abondamment utilisé, n'a pas à rougir des résultats qu'il donne et sa recherche d'images explose littéralement Google, rien qu'au niveau de la présentation.
Ma curiosité est revenue et chaque commentaire que je lis ici ou chaque article que je découvre sur une nouvelle application me fait passer à l'étape "essai". Et cela tombe très bien, car je voulais faire découvrir des applications aux gens mais je n'en trouvais pas. Chose normale parce que je ne cherchais pas vraiment...
Après dans mes choix logiciels, ai-je des problèmes de portabilité et de mobilité ? Pas vraiment, les outils desktop que j'utilise, j'en exporte maintenant les données sur mon netbook ou je peux aussi utiliser cadmus pour le rss ou synchroniser mes favoris. Je ne suis pas du genre à utiliser X machines... Mon desktop, mon laptop et mon iphone me suffisent. Je n'utilise rien d'autres et surtout pas les machines des cybercafés ni des amis pour faire mes trucs. Hormis Delicious et netvibe, je ne trouve aucune utilité aux autres outils web. Mes veilles se partagent donc 2 machines et c'est tout. Google reader ayant totalement disparu de mon paysage, il a été très facilement remplacé par des solutions qui n'ont rien à lui envier.
Quant aux statistiques de mon site et ceux de mes clients, je ne me vois plus me passer de Piwik, ça me paraît même totalement inconcevable... Connaître les horaires de pointes des sites, voir tout cela en temps réel n'a aucun prix. La somme de renseignements que l'on peut tirer de cette plate-forme opensource prend rapidement l'ascendant sur Google Analytics. Certes, on donne plus de crédit à GA puisqu'on ne peut jouer dans les statistiques, mais sauf mauvaise foi absolue, qui va s'amuser à triturer des milliers de champs pour faire un fake crédible ? Et de vous à moi, c'est plus long que de payer un service de stimulation de trafic...
J'ai donc rationalisé mon utilisation d'internet de manière générale... Mettre à plat tout ce que l'on fait n'est pas chose facile mais en général, on s'aperçoit que l'on n'y fait pas tant de choses que ça... À partir du moment où j'ai pu distinguer des axes directeurs j'ai donc recomposé un espace logiciel bien plus productif que ce que j'avais auparavant. Je n'ai plus tendance à m'éparpiller.
Pourquoi ? Pour son droit absolu de vie et de mort sur l'industrie du e-commerce. Si demain matin, Google décide de déréférencer une entreprise sur son moteur, ses rentrées d'argent vont prendre une claque. Je vous conseille de jeter un oeil sur le site de keeg.fr qui pose de réelles questions et surtout soulèvent des problèmes potentiellement très graves.
En gros, l'industrie ne peut plus exister sans Google actuellement et la préoccupation de chaque site est d'être référencé sur Google avant toute chose, très peu s'intéressent à Bing et Yahoo qui, malgré tout, offrent un panel de résultats tous aussi pertinents que Google ne le fait...
En s'attaquant à la recherche, Google s'est attaqué au nerf de la guerre puis il a tout simplement imposé divers services, séduit le public. Cet article démontre bien la dépendance de Google envers les internautes mais l'inverse est tout aussi vrai et c'est là que nous commettons une erreur. Moi le premier... Cette expérience m'a permis de m'émanciper et de voir qu'il existe autre chose... Internet est vaste. C'est un peu comme dire qu'un ordinateur c'est Windows et s'arrêter là... Pourtant Linux et MacOSX font tranquillement leur bonhomme de chemin mais étrangement, sur le net, cette envie de voir autre chose, d'utiliser autre chose est presque inexistante et je n'arrive absolument pas à comprendre pourquoi ?
Déjà, je vais le répéter, Google n'est le meilleur nulle part en terme de services... Hormis leur rachat de Youtube qui lui est totalement irremplaçable et explose tout service équivalent en terme de contenu, tous les autres services ont des équivalents de qualité similaire, voire supérieure. Gmail a longtemps été le meilleur en terme de capacité à n'importe qui sur le marché mais aujourd'hui d'autres services ont modifié la capacité des boîtes (hotmail notamment). La réputation de Google m'a l'air basée sur le passé et ne tient pas compte de l'évolution des services concurrents. Actuellement, Google ne fait que dominer le marché mais en aucun cas au niveau qualitatif. Certes mis côte à côte, leurs services sont bons et personne n'en propose autant simultanément, c'est là sa force parce qu'il existe, comme je l'ai dit, un équivalent pratiquement partout et de même niveau voire plus intéressant (mapquest est définitivement meilleur... en tout cas, pour les cartes nord-américaines par exemple).
Je vais sauter sur Google et refaire comme avant ! Non... je déconne... Je vais me méfier et tenter de faire découvrir des applications différentes aux gens, offrir des alternatives adaptées. Internet c'est avant tout la pluralité et c'est ce qui fait toute sa puissance... Il existe des dizaines de services de traductions, de cartographie, d'agrégateurs RSS, etc. Pourquoi ne pas s'y intéresser ? Pourquoi ne pas les tester plutôt que de s'enferrer dans un système uniforme ? Utiliser Google c'est très bien, mais n'utiliser QUE Google c'est triste... Je ne suis pas non plus un idéaliste et je ne regrette pas l'époque pré-Google puisque Google a amélioré notre quotidien et stimulé la concurrence mais je m'inquiète énormément de l'avenir du e-commerce qui pourrait devoir suivre les humeurs du titan à l'image de Apple et de son Appstore. J'espère que nous n'en arriverons jamais là. Ce type de mentalité méprisable ne doit pas durer, sinon c'est nous, les utilisateurs qui allons créer notre propre prison en donnant tout à un seul fournisseur de services.
Alors, j'espère écrire de nombreux articles sur ce que je découvre au niveau applications, d'autres tutoriaux sur des outils web à l'image de Piwik et revenir plus ou moins fréquemment sur les mouvements de Google. Je ne succomberai pas à Chrome car il m'indiffère et pas plus à Androïd, même s'il est Opensource car je veux voir autre chose qu'un duel Apple - Google au niveau de la mobilité. J'attends Samsung et Palm pour voir ce qu'ils vont proposer prochainement et pourquoi pas, tester leurs solutions ! Je suis redevenu comme avant, un internaute curieux de ce qui se crée sur le web, et c'est pas plus mal !
Toutefois je ne considère pas Google comme le mal absolu non plus. J'utiliserai leurs services avec parcimonie sans oublier ce qu'il y a autour et continuerai à optimiser mon environnement de production sans eux puisqu'en réalité, Google ne m'est plus nécessaire à toutes les sauces...