On nous a promis une expérience unique, un jeu monumental et du jamais vu... Enfin "on", je devrais plutôt dire Jade Raymond. La belle a su faire monter la pression et l'intérêt autour de Assassin's Creed. Il arrive enfin dans nos magasins... Alors, coup de marketing ou coup de coeur ?

Une réalisation hollywoodienne
Première impression, c'est beau ! Le moteur de Ubisoft tourne à merveille. Altaïr l'assassin est réaliste. Que ce soit le design ou l'animation, notre personnage principal est parfaitement réussi. Il court, bondit, grimpe aux murs et se bat avec une fluidité exemplaire. Depuis Prince of Persia, le studio de Montréal a appris à maîtriser le mouvement de manière remarquable !
Notre terrain de jeu n'est pas en reste. En effet, en plus d'être très belles, les villes se payent le luxe d'être très grandes et surtout animées. Des gens y font du commerce tandis que d'autre s'y promènent alors que certains y complotent. L'immersion est totale et l'ambiance unique. Notre héros profite en plus d'une profondeur de champs étonnante lorsqu'il est perché sur un point d'observation. On sait tout de suite que Assassin's Creed à l'ambition de vous faire vivre un film. Hé bien, c'est bien parti pour !
Le doublage français a également été soigné. De manière générale, les différents protagonistes sont éloquents. Les sons dans les rues participent d'ailleurs à mettre de la vie. On entend le marchand crier, les gens se plaindre lorsqu'on les bouscule, etc. La musique est tout aussi réussie. Collant parfaitement au scénario et à l'esprit, elle ne fait que faciliter notre immersion. Du grand art !
Ainsi, aucun défaut majeur n'est à noter sur la réalisation artistique du titre. Le moteur graphique est performant et la possibilité de changer d'angle de caméra au cours des cinématiques est un petit plus donnant un style hollywoodien. La mise en scène est irréprochable.
Vous l'aurez compris, "l'emballage" de Assassin's Creed est accrocheur. Le gameplay, quant à lui, réserve aussi quelques bonnes surprises mais également quelques déceptions.
Un gameplay efficace...
Si il y a une chose que l'on peut difficilement reprocher à Assassin's Creed c'est bien sa maniabilité et sa gestion des contrôles. Les combats par exemple, sont gérés de manière très simple. Ainsi, il suffit de presser la gâchette gauche pour cibler son adversaire, la croix directionnelle pour sélectionner l'arme (épée, lame secrète, couteau de lancer ou nos poings) et X pour frapper. Pousser l'adversaire est également possible et très utile sur les toits ou quand le nombre d'ennemis nous dépasse. Avec un bon timing, on peut, en pressant la gâchette et le bouton X déclencher une parade. Pour être discret, il est conseillé d'arriver dans le dos de l'ennemi et d'utiliser la lame secrète.
Quant à la gestion de la phase exploratoire, les studios d'Ubisoft nous ont également rendu le travail facile. Sachant que notre assassin passe son temps à gambader dans la jungle urbaine, il valait mieux trouver un système efficace. La gâchette droite servira à se coller contre le mur et A à initier le premier saut. Après, il suffit de diriger Altaïr avec le stick gauche et celui-ci grimpe avec aisance et style.
Le travail accompli est donc excellent. L’interface et la gestion de la manette sont quasiment parfaites. La panoplie de mouvements utilisable est conséquente et donne l'impression d'une grande liberté d'action et d'interaction avec l'environnement.
Mais tout est loin d'être parfait. Le jeu a du mal à se renouveler et son IA de mauvaise qualité ternit quelque peu l'ensemble.

...mais perfectible
Pour se mettre rapidement dans le contexte et ne rien divulguer du scénario, Altaïr doit effectuer 9 assassinats, dans différents quartiers et villes. La traque est donc le thème principal du jeu. Vous avez la possibilité d'espionner, de faire un interrogatoire ou encore de voler un passant particulier. Ce sont ici les 3 types d'enquêtes qui s'offrent à vous. Vous les localiserez en trouvant les points d'observation qui permettront à votre (mauvaise) carte de se mettre à jour . Pour déclencher la partie assassinat, il faudra effectuer 2 enquêtes sur les 6 possibles au minimum.
Si au début, on se fait plaisir à vider complètement les quartiers des enquêtes et des petites quêtes annexes (sauver des citoyens aux prises avec des soldats), on finit par vouloir lancer les opérations d'assassinat rapidement car finalement, on procède systématiquement de la même manière, ce qui devient répétitif. Toutefois, la course poursuite qui s'ensuit est tout simplement jouissive ! On fuit via les toits, on saute sur des poutres, on élimine quelques gardes, on en pousse d'autres... On survit. La réalisation est, à ce niveau, une fois de plus époustouflante. Les confessions de nos victimes à l'article de la mort relance systématiquement l'intérêt pour la prochaine cible.
Outre cette répétitivité qui pourra lasser pas mal de joueurs, il existe un autre défaut, l'IA. Vous trouviez l'IA de MGS ridicule ? Assassin's Creed est du même genre... Vous pouvez arriver derrière un garde, le poignarder et son voisin, à 3 mètres va juste se demander qui a pu faire ça... En fait, vous pouvez vous faire une rangée complète de soldats avec cette technique sans même être inquiété. Par sécurité, on appuie sur A pour être plus discret (en fait Altaïr se cache en faisant le moine érudit) mais après quelques tests, il s'avère que ce n'est même pas nécessaire. Reculer un peu suffit.
De plus, il est un peu trop facile de se cacher, une fois que les ennemis nous ont perdu de vue, il suffit de se jeter dans un tas de foin, entrer dans un groupe d'érudits ou encore aller sous les toiles se trouvant sur les toits. Les soldats ne vous chercheront jamais là-dedans. Le jeu se limite à être perdu de vue puis faire avec l'une de ces trois possibilités.
Ces deux défauts peuvent être considérés comme majeurs par certains. Finalement on s'aperçoit que les possibilités de Altaïr sont assez pauvres, ses interactions avec la population étant restrictives. Le fait de relancer le même type de schéma peut facilement lasser. Le jeu aurait pu devenir un titre culte si le contenu avait suivi le même chemin que la réalisation artistique.

Conclusion
Assassin's Creed, grâce à une présentation exceptionnelle et un scénario de qualité nous fait vivre un grand moment. L'immersion est vraiment réussie et l'impression d'être dans un film est l'un des points forts du titre.
Malgré cela, l'IA mine un peu le jeu avec des situations tout simplement aberrantes de ridicule et la répétitivité de certaines mécaniques gâche un peu notre plaisir de jeu. Passé le moment de découverte, le rêve s'estompe et on finit par soupirer. Heureusement que le scénario sait nous tenir en haleine !
La polémique autour du titre est plutôt compréhensible. D'un côté, il y a une réalisation artistique et technique exceptionnelle (comme Jade Raymond...) avec une profondeur de champs assez hallucinante et de l'autre, un titre un peu creux dans son contenu ludique (comme...?).
Pour ma part, le scénario est tellement bien ficelé que je trouverai dommage de se priver d'une expérience de jeu aussi bonne. Certes, il a des défauts... Mais le plaisir d'être transporté à l'époque des croisades est tellement bien rendu qu'on se surprend à rôder en ville juste pour le plaisir des yeux.
Et rien ne nous empêche de varier un peu notre façon de jouer... On peut lancer nos couteaux, y aller comme un sauvage (comme un Templier quoi...), être sournois ou encore balancer notre victime dans un échafaudage qui s'écroulera sur elle. Cette variation du mode opératoire de l'assassin permet de compenser la répétitivité, surtout que certaines actions offrent de sympathiques cinématiques d'action.
Ainsi, si vous cherchez un jeu immersif, une ambiance unique et une aventure épique, vous tenez là un grand jeu ! Achetez-le sans hésiter, vous ne serez pas déçu. Si vous espériez une révolution vidéoludique, que vous pensiez avoir autant de libertés et de choses à faire que dans une sorte de GTA, vous risquez d'être un peu déçu, donc testez-le un peu.
Finalement...Jade... On t'aime bien ! Maintenant... On attend la suite.
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