Berserk

Quand j'ai commencé Berserk, la série en était à son tome 29. Autant dire que malgré l'énergie que mes amis mettaient en approchant toutes sortes d'objets tranchants de ma carotide, j'ai fait de la résistance. Une belle erreur de ma part que j'ai tôt fait de réparer suite à la lecture du tome 1 !

jaquette

 

Fiche:

Genre: Seinen
Style: Aventure - Fantastique
Auteur: Kentaro Miura
Éditeur: Glénat
Sortie (VO) : 2004
Volumes (VF): 34 (en cours)

Petit mot sur l'auteur

Kentaro Miura, dessinateur né le 11 Juillet 1966 surtout connu pour Berserk a eu, par le passé l'occasion de travailler avec Buronson, auteur de la mythique série Hokuto no Ken réputée elle aussi pour sa violence sans retenue. De cette collaboration scellée par l'hémoglobine, naîtront, d'une part le diptyque Oh-roh / Oh-roh-Den (1989) et Ja-Pan (1992). Ne recueillant qu'un très modeste succès (ce qui est compréhensible vu la pauvreté du propos), Kentaro Miura décide de se recentrer sur son projet phare, Berserk, qui n'en finira pas d'éblouir les lecteurs.

Synopsis

Quelque part au Midland dans ce qui semble être une Angleterre du moyen-âge, erre un guerrier solitaire nommé Guts (Gatsu chez les Japonais), à première vu chasseur de démons (je simplifie un peu là) et à la recherche d'un personnage nommé Griffith.

Bien décidé à en découdre celui qui autrefois était comme un frère pour lui, son désir de vengeance laisse entrevoir un passé sombre et sanglant, qui se découvre au fil de l'histoire. Car oui, la chronologie habilement mise en scène nous renvoie en arrière, jusqu'à la naissance de Guts. S'en suivent alors des années qui ne seront que violence, champs de bataille, exactions, morts, le tout dans un Midland ravagé par une interminable guerre.

En gros, en suivant Guts à chaque instant de sa vie, on est témoin du moment qui conditionnera pour toujours son destin, sa rencontre avec Griffith, chef d'un groupe de mercenaires alliés au Roi du Midland et répondant au nom de "Troupe du Faucon".

 

Berserk

 

Critique

Ne nous leurrons pas, Berserk dans son introduction, est d'abord, et c'est totalement assumé, une énorme boucherie, doublée d'interminables combats, parfois entrecoupés de scènes de sexe des plus explicites. Mais réduire l'esprit de la série à cela serait naïf, voire stupide.

Il y a des thèmes qui sont chers à Miura et qui sont magistralement illustrés. Sur fond de guerre, de combats et de sang, ce sont avant tout des questions existentielles qui ressortent de Berserk parmi lesquelles, la plus importante : la fatalité ou plus précisément la causalité. Alors effectivement vu le profil du héros, on imagine mal qu'une forme de volonté supérieure va lui imposer une destinée inéluctable. C'est pourtant cette même volonté qui guidera Griffith vers son destin, un destin sombre qui fera couler beaucoup de sang dans le but de son accomplissement.

La fréquence de sortie des mangas est très acceptable. Deux à trois mois séparent deux tomes, ce qui est très honorable quand on voit la qualité de ce qu'on tient dans nos mains. Chaque page, chaque case est littéralement un chef-d’œuvre, et on se délecte autant du souci du détail que de la pertinence des propos tenus par les différents protagonistes.

 

Berserk



Cool : Commencée en 1989, et toujours en cours, la série dont le très attendu tome 34 (sorti récemment) ne déroge jamais aux axes principaux qui en font le succès. Le scénario parfaitement bien construit nous fait parvenir les informations en temps et en heure, sans suspens à rallonge qui pourrait même frustrer les plus patients d'entre vous. De ce fait, c'est avec satisfaction qu'on assiste à une vraie mue du héros (qui a plus un profil d'antihéros en fait). Car oui, un guerrier assoiffé de sang qui évolue autrement que par sa force physique, c'est agréable, et d'autant plus surprenant qu'on sent l'auteur mûrir lui aussi, presque de concert avec son personnage.

Pas cool : Ben qu'il s'agisse d'une des plus belles séries jamais créées, Berserk a quelques défauts. Le parti pris de "commencer par la fin" force l'auteur à penser à tout pour éviter la maladie inhérente à ce genre de scénar' :  l'anachronisme. Un reboot de la série au tome 3 (qui marque le vrai début de la vie de Guts) intègre, plusieurs tomes plus tard, des éléments auxquels Miura n'avait pas pensé à l'origine.

Ah oui, encore un truc, le manga a été adapté en animé : à éviter. Bien que fidèle à la trame scénaristique, il ne transmet pas du tout l'ambiance du manga papier. D'autant plus que les épisodes ne couvrent qu'une partie du manga (jusqu'au tome 13).

 

Berserk

 

Conclusion

J'ai souvent remis en question la pertinence et la justification des bains de sangs dans les mangas, et pour le coup, j'ai été surpris de voir jusqu'à quel point, de la violence et du sang, peut naître une forme de... allez je l'dis : poésie. Berserk est une symphonie dont les partitions trop bien connues du commun des mortels, nous poussent sans cesse à accepter ou à combattre la fatalité. Clairement réservé à un public averti, Berserk est une superbe série sur laquelle, on ne peut décemment pas faire l'impasse. J'adore !

 

Cette critique est celle de Alex (Note de JC, donc de moi-même : bonjour Alex !). Il n'est autre que le propriétaire de l'O-Taku Manga Lounge et également nouveau partenaire de PnG. Il vous présentera des critiques sur les séries manga qu'il apprécie et partagera sa passion avec nous ! Si vous êtes de Montréal ou de sa région (ou encore en vacances au Québec), n'hésitez pas à aller y faire un tour, c'est juste sur une sortie de Métro (Sherbrooke) et en plus ses smoothies sont à pleurer (dédicace au Pomme/Banane/Fruit des bois) !


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