Biomega

Après mon achat compulsif de 79 mangas en France (notons que ma chère et tendre s'est aussi lâchée hein, j'étais pas seul), je me suis donc remis avec empressement à lire quelques séries ! J'ai commencé par Biomega de Tsutomu Nihei, un auteur sans concession que l'on aime ou que l'on déteste (hé ouais, carrément).

 

Biomega 1

 

 

Fiche:

Genre: Seinen
Style: Suspense - Fantastique
Auteur: Tsutomu Nihei
Éditeur: Glénat
Sortie (VO) : 2004
Volumes (VF): 6 (Terminé)

Un petit mot sur l'auteur

Tsutomu Nihei est un auteur connu surtout pour sa série "Blame !". Après des études d'architecture ratées aux USA, il devient mangaka au Japon.

L'artiste est reconnu pour posséder un style vraiment particulier dans le milieu du manga. On y voit une inspiration puisée dans les références franco-belge. D'ailleurs, notre mangaka avouera être un grand admirateur de Enki Bilal. Ainsi, si vous trouvez que certains personnages s'apparentent au style unique de Bilal c'est un peu normal !

Quand on parle de Tsutomu Nihei, on lui reproche surtout  d'avoir des scénarios débouchant sur de vastes zones d'ombres et Biomega n'échappera pas à cette règle.

 

Biomega

 

Synopsis

Dans un monde pots-apocalytique futuriste digne d'un Resident Evil, Zoichi Kanoe, un être synthétique aura pour mission de sauver ce qui reste de l'humanité afin de tenter de rebâtir la Terre.

Transformés en drones (sorte de zombies) par un virus ramené de Mars, les êtres humains ne sont plus que de simples pantins désarticulés assoiffés de sang.

Accompagné de Fuyu, l'intelligence artificielle de sa moto, Zoïchi devra protéger Ion Green, un être humain hors du commun et surtout une clé capable d'expliquer la situation de toute une race et de la sauver...

 

Biomega

 

Sombre et complexe

Ce sont les 2 mots qui définissent le mieux le scénario de Tsutomu Nihei. De longues scènes graphiques sans un mot alternent avec des dialogues plus ou moins clairs. L'action, omniprésente, et le nombre de personnage s'accroit au fil des volumes.

Nous ne sommes pas non plus dans un manga à 100 personnages, mais ça devient rapidement compliqué de s'y retrouver. Entre le DRF, le CEU et la TOA industrie, le lecteur que je suis a dû concentrer ce qui lui restait de neurones pour saisir le scénario, et encore, je suis sûrement passé à côté de plein de trucs.

On ne peut pas dire que Tsutomu Nihei se perde dans les explications et c'est un peu dommage. Parce que bon, c'est bien gentil les complots, les plans de fin de monde et tout le bordel mais si on ne comprend pas un traitre mot de ce qui se passe, on reste un peu dubitatif devant les planches qui se succèdent.

Heureusement pour nous, le mangaka nous recadre périodiquement au fur et à mesure de l'histoire et le lecteur, rapidement perdu, retrouve son chemin dans les dédales d'un scénario aux zones d'ombres qui se multiplient (pourquoi tel personne est là ? Il s'est passé quoi entre temps ? C'est qui lui ? etc.)

Mais étrangement, l'artiste arrive à nous captiver par une esthétique particulière.

 

Biomega

 

Un design unique

L'ambiance glauque et désespérée du manga transparaît dans chaque trait. L'humanité est à bout de souffle et l'auteur retranscrit ce sentiment parfaitement.

L'atmosphère claustrophobique s'accentue malgré les espaces qui s'étendent de plus en plus loin. On reste subjugué par la violence de l'action et le charisme de certains protagonistes qui peuvent pourtant n'intervenir que sur quelques pages.

Le design, à la fois nerveux et très sombre (peu de trames, beaucoup de noir et de blanc) donne au titre une personnalité unique que l'on retrouve également dans Blame !. D'ailleurs les 2 œuvres ne sont pas étrangères l'une à l'autre car on trouve de nombreuses similitudes entre les 2 mondes.

 

Biomega

 

Conclusion

Biomega est une véritable aventure graphique. Véritablement sombre et glauque, Zoichi nous fait parcourir un monde voué à sa perte. C'est un peu dommage que le manga crée plus de zones d'ombre qu'il n'en révèle mais c'est aussi une habitude de l'auteur. On aime ou on déteste.

Personnellement, j'ai bien accroché à l'univers de Biomega. L'aventure se termine un peu brutalement car 6 volumes c'est finalement court.

Si vous recherchez un manga visuellement différent et esthétiquement unique, lisez Biomega ! Si vous connaissez déjà Blame !, vous ne serez pas dépaysé par le puzzle fragmenté et à peine assemblé qui s'étalera devant vous...

 

 

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