Ce nick qui nous colle à la peau

Il y a 15 ans, on ne parlait pas vraiment d'identité numérique. Les réseaux sociaux ont modifié le paysage du web et l'anonymat devient de plus en plus difficile à garder. Parfois, ce sont les pseudonymes que l'on a choisi qui sont de plus en plus difficiles à supporter...

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Il était une fois...

C'était en 1996... Une fenêtre IRC ouverte, le curseur clignote et me demande un nickname. Je n'en avais aucune idée, mais alors vraiment aucune. D'habitude j'écrivais n'importe quoi, mais là, je sentais le besoin de n'en avoir qu'un seul, bien à moi.

Des amis vinrent à la maison et l'on repensa à l'idée d'une amie "Skalp". Skalp parce que je passais mon temps à écouter du Ska et à en vanter les albums que je dégotais à droite et à gauche.

Allons-y pour Skalp ! Ça m'allait bien après tout... Pas très mature à l'époque, j'avais pour habitude de transformer les channels où je m'installais en guerres rangées. Me faire bannir était un peu une victoire (et revenir 2 minutes après carrément jouissif).

À l'époque le nick était parfaitement adapté à mes débordements, c'est tout ce qui comptait...

...une identité numérique

Et voilà, sur Internet comme partout, on peut se tailler une identité sur mesure, vivre dans l'anonymat et quand t'es jeune c'est d'autant plus vrai.

Skalp est d'abord un ado un peu énervé. Il représente une partie de moi, plus agressive, plus taigneuse et joueuse. Normal quand on est jeune, geek et un peu fouteur de merde en fait. Ça coule de source.

Le temps passe et l'on s'attache à ce nick que l'on utilise comme une deuxième peau. En fait, il fait rapidement partie de nous et lors des rencontres IRC IRL, on a plutôt tendance à commencer par s'appeler par nos nicks respectifs. Certains garderont ces habitudes.

Au bout de quelques années, il y a une sorte de fusion entre identité numérique et identité réelle. Skalp devient plus proche de la réalité, la frontière "monte réel"/"monde numérique" a de moins en moins de sens.

Quant à l'anonymat, il disparait et le nick devient pratiquement un deuxième prénom.

 

traces numériques

 

Mais tout a une fin

Passé 28 ans, utiliser un nick choisi a à peine 18 commence à peser lourd. Il est chargé de souvenirs, de rencontres, et il a évolué mais voilà, à un moment donné, il ne correspond plus à ce que l'on devient. Je préfère que l'on m'appelle par mon prénom ou un diminutif et réagir au nom "Skalp" lors de rencontres me dérange.

Aujourd'hui Skalp se résume à un nom choisi pour jouer à tout et n'importe quoi. Je l'ai complètement déshumanisé et pourtant je l'utilise encore.

Quand Plug'n Geek est revenu il y a un an, l'écart entre moi et Skalp s'est creusé progressivement au point où aujourd'hui, j'ai décidé d'abandonner le nick pour ma vie numérique et retrouvé les initiales de mon prénom, je n'ai plus vraiment de raison d'utiliser Skalp, je ne recherche pas l'anonymat (et bon même si je voulais, ce serait mort).

Ainsi, j'écrirais donc maintenant sous les initiales JC, ce qui, pour débuter l'année 2011 n'est pas une mauvaise résolution.

Après tout, identité numérique et réelle sont pour moi complètement confondues et je ne fais plus vraiment de distinction entre les 2...



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