Darksiders

En ce jour saint (oui j'ai 32 hivers), un des cavaliers de l'apocalypse a décidé de frapper à ma porte. C'est ainsi que j'ai rencontré Guerre et son canasson Ruine. Au début je me disais : "Ah ben, encore un beat'em all de bourrin". En fait je me suis totalement planté et THQ nous sort un jeu qui a su puisé ses sources dans des genres bien différents.

 

 

jaquette

 


Un scénario à la fois simple et efficace

Pour déplacer un cavalier de l'apocalypse, en principe, il faut en faire beaucoup. Ben ouais, sept sceaux à briser et là vous créer un bordel sans nom pour l'ultime combat entre les 3 royaumes. Celui du ciel avec ses anges, celui des enfers et ses démons, et nous, les humains au milieu, terrain de jeu de cette apocalypse.

Mais voilà que Guerre intervient alors qu'apparemment... personne ne l'a appelé. Il ne devait pas faire parti de la grande fête organisée par le Destructeur qui, en plus de briser le cavalier, a brisé l'équilibre. Lui et sa horde de démons ont provoqué le chaos dans le troisième royaume. Votre rôle est alors simple... Vous devez retrouver votre puissance et rétablir un semblant d'équilibre. Marqué par une symbolique biblique omniprésente, le scénario est prenant et l'on veut vraiment connaître l'issue de cette épopée.

L'immersion est assurée par des doublages anglais excellents (si on n'est pas rebuté par la langue car les sous-titres seront aussi en anglais). Si vous optez pour le français, le niveau est légèrement inférieur. Quelques personnages secondaires ont une voix un peu bizarre mais les principaux protagonistes de l'histoire ont été très bien interprétés.

Guerre

 

 

Une réalisation inégale

Darksiders est un titre à l'identité graphique très forte. C'est en effet Madureira, artiste reconnu dans le monde des comics, notamment pour son travail sur Uncanny X-Men, qui s'est chargé du design. Ainsi, Guerre est un personnage imposant et charismatique à l'image des héros de l'artiste.

Le bestiaire est bien pensé et que ce soit un simple petit monstre ou alors un boss imposant, ils sont tous détaillés et bougent très bien. Samael, un démon clé dans l'histoire qui nous occupe est d'ailleurs l'un des plus charismatiques que j'ai pu voir. Certains monstres sont recyclés et changent simplement de couleur en fonction de leurs pouvoirs mais il n'empêche que le bestiaire global est suffisamment important et intéressant pour ne pas avoir l'impression de se livrer à une guerre des clones.

Les décors, quant à eux, sont variés et même si nous sommes en situation d'apocalypse, le tout est assez lumineux. Certains pourraient être un peu déçu par cet aspect. On arpentera les rues d'une ville déserte, les couloirs d'une cathédrale où encore des endroits où la nature a repris ses droits. Pour donner vie à ces environnements, de nombreux détails fourmillent à l'écran. Par exemple, vous verrez des feuilles de journaux virevolter au vent ou encore des corbeaux décoller dès que vous vous en approcher.


Là où le bât blesse c'est lorsque l'on parle purement technique. En effet, un tearing assez désagréable nous poursuit tout au long de l'aventure si l'on tourne un peu trop vite où si l'on se trouve dans un endroit un peu confiné. À cela, des baisses de framerate assez aléatoires causent des ralentissements. Ils sont, heureusement, assez rares.

Toutefois, Le design est tellement accrocheur et le gameplay tellement riche qu'on pardonne facilement ces quelques problèmes au titre de Vigil Games car ils n'entachent pas réellement le plaisir de jouer. D'ailleurs c'est le moment de s'attarder sur le gameplay qui, au premier abord, semblait être digne d'un beat'em all pur et dur.

 

En pleine action

 

Du beat'em all bien pensé

Le titre se prend en main avec une facilité déconcertante. Vous disposerez tout au long de votre aventure d'un panel de plus en plus important d'armes et de pouvoirs évolutifs comme tout beat'em all qui se doit. Ainsi, votre épée qui sera votre arme de prédilection pourra s'accompagner notamment d'une faux ayant une portée plus longue mais étant plus lente, ou alors d'un boomerang (plutôt un shuriken géant) qui fera peu de dégâts mais disposera d'une portée énorme en plus de pouvoir rebondir sur plusieurs cibles ou encore d'une corne qui pourra mettre au sol certains de vos ennemis. Le switch d'arme est ergonomique et simple à maîtriser, tout comme l'utilisation des différents pouvoirs ou des objets acquis.

De plus, vous pourrez bien évidemment acheter de nouveaux combos pour exploser vos ennemis de différentes manières. Quand un ennemi sera proche de la mort, une simple pression sur B le finira et vous obtiendra ainsi plus d'âmes, de vie ou d'énergie. À ce panel déjà important s'ajoute la transformation suprême du cavalier en une créature surpuissante où, pendant quelques secondes, peu de chose vous résistera. Pour couronner le tout, vous aurez même votre cheval, Ruine, tout droit sorti des enfers.

Et comme si ce n'était pas suffisant, vous pourrez également utiliser votre environnement pour en faire une arme improvisée. Si vous voyez une carcasse de voiture, n'hésitez pas à la prendre et à la balancer sur vos ennemis ou à les frapper avec. Ils apprécieront votre sollicitude. D'ailleurs, vos capacités à gérer les situations seront éprouvées via un certain nombre de défis que vous devrez remportés pour progresser. Ces défis sont directement liés à une malédiction que vous devrez levée. L'intégration de ces moments dans le scénario est parfaite.

Il ne faut pas oublier non plus la panoplie de possibilités d'actions de notre héros qui est vraiment large. Guerre court, pique des sprints, fait des double saut, vole (quelques secondes), escalade, nage, galope, etc... Il y a de quoi faire n'est-ce pas ?

Si les deux premières heures de jeu vous montrent principalement le côté beat'em all du titre, une surprise vous attend par la suite... Darksiders n'est pas qu'un simple beat'em all, loin de là. Il dispose de donjons inquiétants et... truffés d'énigmes rappelant un certain Zelda.

 

Il est gros

 

La surprise du chef

L'alternance entre la brutalité du beat'em all et le côté aventure/énigme de Zelda donne un coup de fraîcheur au jeu. Certaines sont d'ailleurs bien tordues et il n'est pas rare que l'on soit bêtement bloqué car on ne sait pas trop ce que l'on doit faire. La difficulté est bien dosée et croit au fur et à mesure de l'aventure ce qui nous évite de frustrer des siècles devant lesdites énigmes.

Parfois, l'une de vos armes sera la solution alors que d'autres fois vous devrez utiliser votre environnement pour créer l'enchaînement nécessaire à l'ouverture d'une porte quelconque.

Ce changement de rythme dans le jeu est parfaitement géré. Ainsi, le fanatique de castagne n'aura pas le temps d'être en manque de coups à donner tandis que le passionné d'énigmes retrouvera rapidement ses donjons à explorer de fond en comble pour en extirper tous les secrets et coffres qui s'y cachent.

Quant aux boss, ils sont de la pure lignée des beat'em all de qualité et nécessiteront plusieurs essais pour être vaincus, le temps de comprendre et maîtriser leurs attaques dévastatrices et savoir y répondre.

 

Guerre, héros charismatique

 

Conclusion

Vigil Game a créé la surprise avec Darksiders. Un mélange des genres très bien géré qui fait oublier les disparités techniques et petits bugs dont on peut être victime tels que le tearing ou alors le personnage qui décide un bref instant de ne plus répondre. Passer du beat'em all pur et dur à un Zelda-Like c'était osé car difficile de réussir aussi bien sur un tableau que sur l'autre. C'est pourtant un coup de maître qui a été réalisé ici.

Le jeu dispose également d'une ligne artistique vraiment réussie. On tombe rapidement sous le charme du talent de Madureira qui a imposé son style au titre en le dotant d'un nouveau personnage charismatique qui risque d'être une nouvelle référence et on se plaît à souhaiter déjà voir la suite.

Darksiders est a recommander à tout type de joueur. On ne peut pas rester insensible devant un jeu si marqué. Les mécaniques du jeu sont riches, intelligemment emboîtées pour créer un grand moment pour le joueur qui vivra une nouvelle aventure vidéoludique dans l'apocalypse aux commandes de l'un de ses symboles, Guerre, l'un des 4 cavaliers de l'apocalypse. Rien que ça...






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