S'il y a un titre qui était attendu en ce début d'année, c'était bien Final Fantasy XIII. Développé depuis des siècles, l'attente des joueurs était grande et beaucoup d'espoirs ont été placés dans ce titre. La saga Final Fantasy étant un mythe du RPG japonais, la pression était forte pour Square Enix qui a décidé de bouleverser ses habitudes avec ce nouvel opus...
L'aspect visuel de ce Final Fantasy est tout simplement fantastique. Les cinq premières minutes de jeu vous en mettent directement plein les yeux faisant du titre l'un des plus beaux de cette génération.
À part ça, le character design est irréprochable. Même l'emokid de service, Hope, en général gonflant, gagne en profondeur au fur et à mesure de l'aventure. On finit donc par s'attacher à toute notre petite équipe avec une mention spéciale pour Lightning.
Nous découvrirons les personnages au fur et à mesure des cinématiques extrêmement nombreuses et disséminées dans toute l'aventure. Il ne se passe en fait pas 30 minutes dans les 20 premières heures sans avoir le droit à une scène plus ou moins pertinente. D'ailleurs, ces vidéos sont souvent de toute beauté et là pour vous en mettre une fois encore plein la vue.
Certains décors sont magistraux mais on remarquera qu'il n'y a aucun reflet de nos personnages dans l'eau (ni d'aucun mob, en fait, l'eau ne reflète rien) et les zones sont finalement peu peuplées. Si les bâtiments et le décor lui-même grouillent de détails, on ne croise pas grand monde, même dans les villes et lorsque l'on s'y trouve, l'animation des PnJs présents est assez basique.
Le bestiaire, lui, est assez diversifié et original. Le côté cybernétique de certaines créatures est très réussi. On croise sur notre route toute sortes de bestioles. Du simple soldat, au loup génétiquement modifié en passant par de gros béhémots, il y a de quoi s'occuper. De plus, certains boss sont réellement énormes et vous balanceront un florilège de sorts douloureux à encaisser.
Quant à la bande son, elle est également réussie et dispose de morceaux de qualité, mais elle reste assez discrète tout au long du jeu et je n'ai pas trouvé de thème m'ayant autant marqué que dans FFVII ou FFX . Le doublage, seulement disponible en anglais, est convaincant mais il est vrai que l'on est un peu déçu de ne pas pouvoir choisir le japonais.
Techniquement parlant, ce nouveau FF est donc une réussite indéniable. Un style unique, un character design bien pensé et des décors fabuleux rendent l'aventure attrayante. C'est d'ailleurs ici l'un des points forts de cet épisode qui, niveau gameplay, comporte des défauts qui pourront en lasser plus d'un.
Commençons par le sujet qui fâche, c'est-à-dire les 20 premières heures qui se résument à une incroyable ligne droite. Aucun détour, aucun choix de personnages, aucune quête annexe et aucun coffre réellement caché durant ces 20 heures. Vous devrez vous contenter de vous laisser bercer par le scénario du jeu qui vous fera changer de groupe constamment.
Il faudra donc attendre la fin du chapitre 9 pour pouvoir commencer à sélectionner des personnages après s'être habitué à être baladé par ce scénario que l'on subit plus qu'autre chose . Cela nous donne un peu l'impression de lire une sorte de livre interactif où nous nous limitons tout simplement à combattre, ni plus, ni moins. Le reste n'étant que de la narration.
Ce n'est finalement qu'au chapitre 10 que les missions seront enfin disponibles pour notre plus grand plaisir (et pour nous récompenser de notre patience), ce qui nous permettra de nous échapper un peu du carcan dans lequel nous avait emprisonné le jeu jusqu'à présent. Ce n'est pas vraiment la linéarité qui nous dérange puisque c'est là une des constantes du JRPG mais c'est l'impossible exploration de toute cette partie du jeu qui nous frustre.
Donc une fois ce très long et parfois pénible tutoriel géant qui libère tranquillement les possibilités du gameplay, vous aurez la possibilité de vous promenez au gré des missions que vous trouverez. De plus, même une fois la trame principale terminée, vous pourrez continuer à finir les différentes quêtes annexes et obtenir objets et améliorations diverses mais ne vous attendez pas à de superbes missions épiques ou des sous-quêtes scénarisées, on est quand même en face d'un truc bien basique à ce niveau.
Final Fantasy ne renoue pas avec le tour par tour et se focalise sur le temps réel. Un gameplay prenant et addictif qui se dévoile au fur et à mesure de notre progression. Nous allons donc aborder brièvement sur les différents points du gameplay.
Archétypes et stratégies
Dans FFXIII, un personnage n'est pas cantonné à un archétype mais à plusieurs. Ainsi, Lightning, attaquant de base, peut devenir Ravageur ou Soigneur. Pour faire évoluer votre personnage, chaque combat donne des points que vous pourrez répartir entre les différents archétypes via un Crystanium qui lie les compétences et améliorations de statistiques les unes aux autres. Vous devez donc, par exemple, obtenir +5 en force, +4 en magie et +30 points de vie avant d'avoir votre nouvelle compétence. En fait, c'est un peu comme le sphérier de FFX mais en plus simple.
Voici une brève description des archétypes de base disponibles afin que vous puissiez vous en faire une idée:
-Attaquant, spécialiste des dommages physiques.
-Ravageur,spécialiste des dommages élémentaires et magiques.
-Tacticien, spécialiste des sorts d'amélioration et de protection.
-Saboteur, spécialiste des sorts entravant l'ennemi de différentes manières (ralentissement de son cycle d'attaque, baisse de l'armure, poison, malédiction, etc.).
-Défenseur, spécialiste de l'encaissement des dégâts. Il permet de focaliser, via un sort de provocation, toute l'attention de l'ennemi.
-Soigneur, vous vous en doutez, il se charge de la santé du groupe.
Si ce système parait assez libre, il devient en fait relativement linéaire puisque l'archétype de base du personnage est plus facile à monter et réclame moins de points pour être complet et passer au niveau suivant et on finit par se concentrer sur 1 archétype principal puis un secondaire en abandonnant plus ou moins ce qui reste.
Toutefois, ce système nous amène aux stratégies de combat, centre névralgique du dynamisme du gameplay. Ici, vous pourrez à la pression du bouton LB/R1 changer la combinaison de classe des personnages de votre groupe en plein combat et ce, de façon illimitée.
Ainsi vous passerez souvent, par exemple, d'une combinaison 2 Ravageurs et 1 attaquant à quelque chose de plus équilibré pour récupérer comme 1 attaquant, 1 défenseur et 1 soigneur. Cela permettra à votre soigneur de faire remonter les points de vie à tout le monde en attendant que l'ennemi se focalise sur le défenseur, archétype qui facilite la gestion de grosses attaques.
Barre d'action et choc
Point de mana dans le jeu! Premier point qui risque de dérouter les habitués de la barre bleue qui diminue en utilisant des sorts puisqu'ici la barre bleue est une barre d'action de plusieurs sillons qui se recharge une fois utilisée. Chaque archétype dispose de sorts particuliers, l'objectif étant, lors d'un combat, de mettre l'adversaire en mode choc.
Quand un ennemi entre en choc, il devient bien plus vulnérable aux coups et peut être totalement paralysé par certaines compétences d'archétype comme le catapultage qui l'expédie dans les airs. Il n'y a alors plus qu'à lui envoyer un maximum de coups en attendant que sa barre se réinitialise.
À ce jeu, avoir 2 ravageurs et 1 attaquant par exemple accroît la rapidité de la montée de cette barre de choc. Chaque coup donné tient compte des forces et faiblesse de l'adversaire. Ainsi, si il est sensible à l'eau ou l'électricité, enchaîner des sorts de ce type fera monter sa barre de choc plus rapidement.
De plus, vous pouvez interrompre à tout moment votre séquence d'attaque. Par exemple, si vous avez 4 sillons à remplir pour avoir votre jauge d'action au maximum, rien ne vous empêche de n'en utiliser que 3, ce qui peut être stratégiquement intéressant, notamment pour attaquer en force avec les 2 personnages contrôlés par la console.
C'est d'ailleurs là un petit défaut du système. En effet, l'intelligence artificielle (IA) ne gère que les jauges complètes, donc, il n'est pas rare d'être presque mort lorsque le soigneur décide enfin de remonter votre barre de vie. Il faut impérativement tenir compte de ça lorsque l'on change de stratégie, sous peine de mourir bêtement. Le problème est le même avec une IA de type saboteur ou tacticien qui a du mal à gérer correctement les différents sorts.
Techniques, invocations et symbiose
En marge de votre barre d'action, vous disposez d'une autre barre, jaune cette fois, dont vous devez gérer les points. Elle vous permet d'utiliser des techniques tels que le Séisme qui inflige des dégâts ou l'acuité qui vous permettra de connaître les forces et faiblesses de votre ennemi. Mais ce n'est pas tout car, pour 3 points, vous pourrez invoquer un Eidolon !
L'Eidolon est une créature avec laquelle certaines personnes peuvent faire un pacte après l'avoir vaincue. Vous obtiendrez ainsi une invocation et un sillon supplémentaire dans la barre d'action. Il vous sera alors possible de l'invoquer en combat où il pourra enchaîner 2 phases distinctes. Il se battra à vos côtés lors de la première phase pour, lors de la seconde, entrer en symbiose avec vous afin d"infliger des dégâts sous forme de petites combos et surtout déclencher en fin de timer, une attaque ultime.
Le gros avantage de l'invocation d'Eidolon, outre l'animation et le côté Transformer de ces invocations (qui finissent par saouler), c'est que votre équipe est à nouveau toute fraîche, même s'il y a eu un mort, ce qui permet de vous sortir de situations fâcheuses et d'économiser, éventuellement, potions et queue de phoenix.
Objets et améliorations
S'il y a une chose que le tutoriel ne prend pas le temps d'expliquer correctement (et pourtant, il y avait du temps...), c'est bien les améliorations d'arme. Lors de vos combats, vous trouverez divers objets en apparence inutiles. Ceux-ci vous permettront en fait de faire monter le niveau de vos armes afin de les rendre plus puissantes. D'ailleurs, chaque arme a ses qualités, ce qui fait que vous aurez tendance à toutes les garder suivant les situations.
Plus tard, vous pourrez gagner suffisamment d'argent pour acheter des objets permettant d'améliorer votre équipement mais, autant que vous le sachiez immédiatement, c'est vraiment long.
À ces possibilités d'amélioration, s'ajoutent des potions plus ou moins rares qui vous permettront de booster les statistiques de votre groupe au prochain combat. Ainsi, vous pourrez être furtifs, ce qui vous permettra de taper l'ennemi par surprise et donc de provoquer un choc presque immédiatement (et ça vous évite de devoir le surprendre de dos, ce qui n'est pas toujours possible). Certaines vous octroierons une nette amélioration de vitesse d'attaque et augmenteront vos dégâts alors que d'autres, finalement, augmenteront considérablement votre armure et vos résistances.
Si on regarde le tableau ainsi dressé de ce Final Fantasy, on sent bien que Square Enix a voulu tenter quelque chose de nouveau. Le jeu est beau, les personnages travaillés et le gameplay addictif. Si la narration et le déroulement du scénario n'intéressent pas le joueur, celui-ci risque de se lasser rapidement du manque de liberté.
Final Fantasy XIII n'est pas un mauvais RPG mais il a choisi de se transformer avant tout en une espèce de livre interactif où nous ne sommes finalement que maître es combats, nous laissant porter par le scénario qui se dévoile petit à petit. Il y a bien des missions, mais leur intérêt se limite surtout à boucler la chaîne de nos compétences et de nos améliorations.
Quand on commence le jeu, on est un peu perdu, on ne comprend en fait strictement rien. Fal'Cie, L'Cie, Cocoon, Pulse ne veulent rien dire et il faudra attendre 2 heures avant de voir émerger un début d'explications. Et ce n'est pas ici que je le ferai, c'est à vous de découvrir tout ça !
D'ailleurs, pour comprendre correctement les tenants et aboutissants de l'histoire, il est fortement conseillé d'ouvrir les dossiers et de lire les diverses informations qui s'y amoncellent lors de notre progression. Certains documents y sont vraiment intéressants.
Malgré les défauts que je lui ai trouvés, j'ai apprécié mon expérience sur ce Final Fantasy. L'aventure y est intéressante et j'ai été emballé par le scénario après quelques heures alors que je n'étais pas convaincu en commençant. Certes, la linéarité excessive du jeu pourra en agacer plus d'un, mais voyez plutôt le jeu comme une histoire que l'on vous raconte et que vous vivez au travers de nombreux combats.
Le gameplay est addictif et bien conçu. À partir du moment où nous sommes libre de jouer avec les membres de l'équipe de notre choix , on s'amuse à tester diverses stratégies. Certains boss sont bien difficiles à faire tomber et demanderons un minimum de réflexion.
La claque visuelle que l'on prend en lançant le jeu vaut le détour et même en l'ayant terminé et en m'y remettant, je reste scotché sur certains décors et certaines cinématiques.
Si vous voulez vivre une aventure intéressante et que l'excès de linéarité ne vous dérange pas, essayez-le, il risque de vous plaire. Par contre, si le dirigisme et l'impossibilité d'exploration durant 20 heures vous fait peur, testez-le avant...
En bref