Heavenly Sword

Issu du jeune studio britannique Ninja Theory, Heavenly Sword est l’un des très gros titres PS3 de cette rentrée 2007. Conçu initialement pour la X-Box de Microsoft, le projet a finalement muté pour devenir un véritable blockbuster de la nouvelle console de Sony. Remarqué tout d’abord lors de sa présentation lors de l’E3 2006, le titre s’est vite vu attribué du sobriquet (de manière parfois péjorative) de ‘Goddess of Wars’, à cause de sa ressemblance avec la merveille de brutalité de SCEA. Tout semble augurer du meilleur, mais la belle Nariko saura-t-elle se montrer à la hauteur des attentes et en mesure de détrôner le puissant Kratos ?

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La Légende parle d’une épée descendue des cieux lors des temps anciens pour combattre le mal au cours d’une terrible guerre. Laissée sur Terre après la bataille, elle est maintenant le fruit de toutes les convoitises et protégée par le clan de Shen qui attend désespérément la naissance du  guerrier de la prophétie, censé les sauver. Mais le puissant seigneur Bohan tente coûte que coûte de mettre la main sur l’Heavenly Sword, et quand Bohan amène son clan au bord de la destruction, Nariko jeune fille de Shen va être amenée à manier l’épée dans une quête vengeresse…

Le Next-Gen dans toute sa splendeur…

A n’en pas douter, Heavenly Sword se présente d’emblée comme l’un des plus beaux titre de la console de Sony – voire même l’un des plus titres actuellement disponible. On aurait bien du mal à reprocher quoi que ce soit à la beauté visuelle du titre : les environnements peuvent être très grands et entièrement calculés en temps réel, avec un réel soucis du détail pour la modélisation des décors. Les personnages ne sont pas en reste non plus, avec une modélisation parfois bluffante, de nombreux détails et une animation irréprochable (même si tous ne bénéficient pas du même soin que les personnages principaux). Les cinématiques sont également à la hauteur de leurs ambitions avec un résultat à se décrocher la mâchoire, notamment au niveau des expressions faciales sans doute inégalées dans l’histoire du jeu vidéo. Mais cette réussite est aussi frappante sur un plan artistique, avec de magnifiques designs aux influences asiatiques, contribuant à créer un univers attachant et une ambiance exotique faisant de la découverte de ce monde, un véritable plaisir.


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Du beat’em all intense…

Beat’em all de son état… il sera inutile de préciser que le gameplay d’Heavenly Sword consiste essentiellement à massacrer ses ennemis au corps à corps – mais avec virtuosité et maestria. Là où d’autres développeurs se seraient contentés de décalquer le dernier succès en date, il apparaît bien vite que l’équipe de Ninja Theory s’est attelée à créer un gameplay très différent et original, tachant de se démarquer des autres beat’em all du marché, et proposant un style plutôt unique, à mi-chemin entre le bourrinage pur et simple d’un God of War et la technicité d’un Ninja Gaiden.

Les contrôles de base sont assez simples : le stick gauche contrôle Nariko, le stick droit la fait rouler sur les côtés, les boutons principaux offrent un type de coup différent.Les combats feront monter une barre d’énergie déclenchant une attaque surpuissante sur pression de la touche O. Le titre n’échappe non plus aux habituels QTE, que ce soit au cours de diverses phases d’action jeu ou lors des batailles contre les boss. Plutôt classique dans le genre, c’est après que les choses se corsent :

Le gameplay de Heavenly Sword tourne en effet autour de trois Styles de combat : Rapide, Distant, et Puissant. Chaque Style possède ses propres combos, et une efficacité qui variera selon les adversaires. Par défaut, Nariko utilise le Style Rapide, mais en maintenant la touche L1 appuyée, elle passera en Style Distant, et réciproquement en Style Puissant avec R1. Toute la subtilité consiste alors à apprendre à varier les Styles selon les situations, sachant passer de l’un à l’autre à l’autre au moment opportun. Cet aspect se prolonge d’ailleurs au niveau des parades, puisque Heavenly Sword ne propose pas de bouton associé à la fonction. Les parades se font en effet automatiquement lorsque Nariko est immobile… mais selon le type d’attaque de l’adversaire (reconnaissable par leurs couleurs), elles ne pourront être parées que dans un Style spécifique. Là encore il font donc apprendre à gérer les différentes techniques avec le bon timing pour parer les attaques ennemis, et éventuellement les contrer et contre-attaquer.

L’originalité du système existe aussi au niveau des sauts – ou plus précisément par leur absence. En effet, on est bien vite surpris par l’absence totale d’un bouton de saut – ce n’est certes pas une première dans le genre, mais vu le style majestueux et aérien de Nariko cela a de quoi surprendre. A la place on nous offre des Combos Aériens – via un mouvement de la SIXAXIS (ou un bouton pour les réfractaires), Nariko envoie son adversaire valser en l’air. Le joueur est ensuite libre d’enchaîner un combo au terme duquel Nariko renverra son ennemi s’écraser à terre.

Ces phases de beat’em all font la grande réussite du titre. Si le joueur néophyte n’aura pas trop de mal à trouver ses marques et pourra éventuellement progresser sans se fatiguer, le vétéran pourra, quant à lui, utiliser toutes les subtilités du gameplay pour vaincre ses ennemis avec classe. Le résultat est tout simplement jouissif, à la fois beau et brutal et tenant sans pâlir la comparaison avec les ténors du genre.


…mais avec de la variété.

Mais là où Heavenly Sword se démarque de la concurrence c’est en proposant des phases de jeu au-delà de la simple marave au corps à corps. L’essentiel de ces autres phases concerne en fait un autre personnage jouable : Kaï, la petite sœur adoptive de Nariko. Loin des prouesses physiques de sa guerrière de soeur, Kaï est bien incapable de se battre au corps à corps - mais elle est par contre un véritable tireur d’élite avec son arc et ses flèches.

Ainsi, loin du beat’em all, il s’agit de véritables séquences de tir de précision qui s’offrent au joueur. Par défaut elles utilisent le détecteur de mouvements de la manette SIXAXIS. Au premier abord, cela surprend et la première mission avec Kaï n’est sans doute pas la meilleure, nous plongeant un peu au cœur de l’action sans vraiment nous donner l’occasion d’apprendre à maîtriser les contrôles.  La mission semble s’achever sans qu’on ait eu le temps de faire grand-chose, et cela nous laisse plutôt un sentiment de frustration. Néanmoins, les choses s’améliorent dès la seconde et passé un certain temps d’adaptation, il devient très facile de diriger ses flèches et d’enchaîner headshot sur headshot, faisant rapidement de ces phases un véritable plaisir, même si elles n’atteignent pas le même potentiel jouissif que celle de Nariko. Que les allergiques aux capteurs de mouvements se rassurent néanmoins. Il est aussi possible de les désactiver et de contrôler la trajectoire des flèches tout simplement au stick. Si les phases de Kaî ne sont dans l’absolu pas aussi jouissives que celles de sa grande sœur, elles apportent quand même une variété bienvenue.

Dans un genre similaire, certains niveaux vous proposeront aussi de diriger un puissant canon afin de détruire les gigantesques armes de siège du puissant Bonhan avant qu’il ne soit trop tard. Le fonctionnement est sensiblement identique aux phases de Kaï, mais les boulets n’ont pas la même inertie. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils offrent un bien plus gros potentiel de destruction avec un résultat plutôt trippant à l’écran.

Enfin, en plus de tout ça, il arrivera parfois que Nariko trouve une sorte de bazooka primitif sur son chemin. Doté de munitions limitées, il servira néanmoins à détruire moultes troupes adverses sur le même fonctionnement que la canon, avant de les achever au corps à corps.


Une aventure épique

Le moins que l’on puisse dire c’est que Heavenly Sword nous propose une aventure véritablement intense : qu’il s’agisse de déchaîner Nariko face à une horde d’ennemis, de détruire une armée adverse avec de puissants canons, ou encore cribler de flèches ses adversaires avec Kaî, le titre ne laisse pas le temps de souffler, et c’est une œuvre résolument épique qui se présente à nous. A chaque niveau qui passe, le titre gagne en plaisir et en intensité, et c’est en apothéose que cela s’achève avec une bataille finale qui est probablement l’une des phase de gameplay les plus épiques qu’il nous ait été donné de voir dans le jeu vidéo.

Le scénario est une belle réussite également. L’univers est fascinant et intéressant, Nariko magistrale et envoûtante, Kaï attachante, Bohan et ses comparses détestables à souhait. L’histoire se suit avec grand plaisir, d’autant plus qu’elle est présentée par un doublage irréprochable, tant en VO qu’en VF.

Mais mais mais…

Là où le bât blesse c’est que malheureusement cette aventure est tout aussi intense qu’elle est courte. Il ne faudra guère plus de 7 à 8 heures de jeu pour voir venir le bout des aventures de Nariko. Si une faible durée de vie n’a hélas rien de très inédit dans le genre (le premier God of War n’était au final pas plus long) il est coutume de la rallonger par pléthore de bonus et de contenu additionnel déblocable.

Hélas pour Heavenly Sword, il fait plutôt défaut de ce côté-là. On ne trouve en effet pas grand-chose à se mettre sur la dent : il y a bien 5 vidéos making-off et deux histoires animés de l’Heavenly Sword… mais le tout était déjà distribué sur le PSN et Internet bien avant la sortie du jeu, contribuant d’ailleurs à créer le hype autour du titre ! (Et par ailleurs c’est bien cinq épisodes animés qui existent alors pourquoi n’en offrir que deux ?). Outre cela, on a droit à une quantité impressionnante d’artworks, ainsi que la possibilité de revoir toutes les cinématiques du jeu, mais le tout parait plutôt léger. Au final le bonus le plus notable sera en fait le ‘Hell Mode’ accessible au joueur une fois le jeu terminé. Il offre une nouvelle difficulté effroyable, de quoi passer de longues heures pour en voir le bout.


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Optimisation… j’écris ton nom…

Au risque de devenir une sale habitude sur la console de Sony – il n’est malheureusement pas possible d’éviter les sempiternels ralentissements. S’ils ne sauraient gâcher le plaisir de jeu, on ne peut que regretter que là encore le titre n’ait pas reçu une meilleure optimisation. Le plus étrange dans tout cela c’est que cela paraît très aléatoire – par exemple, la bataille finale qui comporte pourtant des centaines de personnages simultanément parvient à rester très fluide, alors que l’on verra de nets ralentissements dans d’autres phases de jeu composées seulement de quelques ennemis. Ceci laisse entendre que tous les niveaux n’ont pas bénéficié du même degré d’optimisation. C’est sans doute d’ailleurs le plus gros reproche que l’on pourra faire au jeu – Sony devrait peut être moins hésiter à repousser les sorties  si cela peut permettre d’éviter ces désagréments.

Bilan

Alors, Heavenly Sword est-il la nouvelle référence du genre ? Malheureusement, il faudra encore un peu de travail avant de pouvoir reprendre le titre à God of War. Si les phases de beat’em all n’ont rien à envier à celle de son cousin grec, que ce soit par leur gameplay ou leur simple potentiel jouissif, les autre phase de jeu restent en deçà, comme s’il leur manquait un petit quelque chose pour atteindre le même niveau. Mais malgré ce maigre reproche et ses quelques lacunes techniques, Heavenly Sword ne déçoit pas et se présente comme un titre indispensable à tous les amateurs du genre. En espérant que les aventures de Nariko ne fassent que commencer… 



Points positifs et négatifs :

+ Nariko
+ Univers et personnages attachants
+ Excellent doublage en VO comme en VF
+ Phase de beat’em all magistrales
+ Graphiquement magnifique
+ Epique et intense
+ Phases de tirs très funs et sympathiques…
- … mais en deçà du reste
- Vraiment court
- Bonus plutôt limités (et pour la plupart trouvable sur le net)
- Quelques ralentissements


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