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Heavy Rain

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Un tueur en série sévit dans une ville de la côté est des États-Unis. Ses victimes: de jeunes garçons, tous retrouvés dans des terrains vagues, toujours non loin d'une autoroute et d'un chemin de fer. Les particularités : chaque victime a été noyée dans l'eau de pluie, un origami dans la main et une orchidée posée sur le thorax. Maintenant, imaginez que votre enfant ait disparu et qu'il soit possible qu'il fût enlevé par le tueur à l'origami : jusqu'où iriez-vous pour le sauver?

 

jaquette

 

 

Un film à QTE

Le jeu peut être qualifié  de film interactif, où chacun de vos choix a une répercussion sur la suite de l'histoire. Ainsi, il y a une multitude de fins possibles. Il a même été évoqué, lors d’une interview accordée au blog Playstation, que s'il advenait que le personnage principal meure, le jeu continue sans lui. Le gameplay est original et  le tout se prend facilement en mains, car le but recherché par Quantic Dream est l’immersion la plus totale.

Donc, à partir du stick, on reproduit les mouvements naturels de la gestuelle humaine. Afin d’interagir avec des objets, nous devons orienter le personnage dans la posture et l’inclinaison de la tête afin d’avoir l’option d’interaction. Une fois l'option d'interaction apparue, c'est en réussissant les QTE que vous pourrez enfin faire accomplir l'action à votre personnage. Il y a des QTE qui sont tout simplement monstrueuses : il faut parfois presser et maintenir jusqu'à 5 boutons de la manette PS3. Alors imaginez-vous être entrain de presser à la fois X, triangle, R2, L1 et L2 afin que votre personne passe entre un enchevêtrement de fils électrique. Par chance, pour ceux qui ne sont pas habitués aux QTE ou encore à la manette de la PS3, dès le début, le jeu vous offre trois niveaux de difficulté adaptés selon le type de joueur que vous êtes, ainsi qu'en cours de route si il advenait que vous trouviez un passage trop difficile.

 

Ah... les enfants...

 

4 Personnages, 4 points de vue

Le scénario est tout simplement magnifique. Vous incarnez à tour de rôle l’un des quatre personnages principaux :

Ethan Mars : Père de Shaun Mars, il est tourmenté de n’avoir pu sauver son fils aîné d’un accident de voiture survenu il y a deux ans, à cause duquel lui-même a passé plusieurs mois dans le coma. Afin de sauver le fils qui lui reste, Ethan s’engagera dans une course contre la montre où il devra mesurer jusqu’où il est prêt à aller afin de récupérer Shaun en vie…

Madison Paige : Tourmentée par de violents cauchemars suivis d’insomnie, cette jeune photographe passe son temps dans des hôtels afin de réussir à bien dormir. Suite à une rencontre fortuite, elle sera mêlée à l’enquête sur le tueur aux origamis. Mais qu’a-t-elle à y gagner?

Norman Jayden : Profiler au FBI, il se retrouve à collaborer avec la police sur l’enquête du tueur aux origamis. Muni du ARI (interface de réalité augmentée), un nouveau dispositif d’enquête qui lui permet d’étudier les scènes de crimes sous un autre œil ainsi que de visionner en tous lieux et moments les indices et dossiers récoltés, il tentera de trouver l’indice qui le mènera au tueur. Les conséquences pourraient être graves à vouloir se surmener afin de trouver l’indice manquant…

 

Jolie... la pluie...



Scott Shelby : Détective privé, ancien policier, il a été engagé par les familles des défuntes victimes afin de retrouver le tueur aux origamis. Sous ses airs d’homme bourru et narcissique, il se cache un être plein de bonté et d’honneur. Mais en suivant les traces du tueur, il soulève de la poussière, ce qui n’est pas sans inquiéter certaines personnes…

À leurs façons, nos quatre héros mèneront leurs enquêtes personnelles afin de démasquer le tueur aux origamis, ou au minimum, de sauver le pauvre petit Shaun Mars. C’est dans une ambiance pluvieuse et mélancolique que l’histoire se déroule, nous confrontant à faire des choix de plus en plus difficiles, à se questionner sur notre morale et bien sûr, à poursuivre jusqu’au bout afin de connaître le dénouement.

Graphiquement, c’est tout simplement très beau. Les teintes sont sombres, rendant l’atmosphère du jeu tangible. Les petits détails sont présents et soignés, tels que les gouttes de pluie qui coulent le long des visages et des vêtements ou encore les jeux d’ombres sur les visages qui les rendent encore plus réels.

 

Origami

 

Une réussite graphique

Les personnages sont d’un réalisme qui tend parfois à se poser la question sur les technologies utilisées. Les expressions faciales sont soignées et diversifiées, on ressent le caractère de chaque personnage au travers de leur maintien, leur démarche et leur gestuelle. Le seul hic provient des tenues vestimentaires : elles ne varient pas. Durant les quatre jours que l’enquête dure, ils portent tous les mêmes vêtements. L’avantage est que nous pouvons constater la détérioration des vêtements au fur et à mesure des journées.

Quant aux décors, ils sont très variés et d’un réalisme époustouflant. Les scènes sont jouées plus souvent en intérieur, mais le tout reste fluide et gracieux. J’ai particulièrement apprécié le fait que nous puissions regarder dehors par les fenêtres et découvrir un univers complet de l’autre côté.

La chanson thème du jeu traduit très bien l’atmosphère tragique et complexe du jeu, mais malheureusement, la bande sonore n’est pas très diversifiée et quelque peu redondante. Pour ce qui a attrait aux voix choisies pour les personnages, je trouve qu’elles caractérisent très bien les personnes, rendant  bien leurs émotions tout en leur donnant une certaine profondeur.

J’ai relevé  quelques bugs, corrigés avec la mise à jour du jeu pour la plupart. Parfois il y a un léger décalage entre le mouvement des lèvres et les mots qui devraient en sortir, mais rien de dramatique. Il est arrivé une seule fois que je sois prise dans le décor, entre les escaliers du bar et un personnage statique. Il a tout simplement fallu que je quitte le jeu afin de revenir à la dernière sauvegarde.Ça ne s’est pas reproduite.

 

Dans la foule...

 

Conclusion

J’ai énormément apprécié Heavy Rain, même que je dois avouer avoir eu larme à l’œil lors d’une de ses nombreuses fins possibles. C’est un jeu qui joue avec vos émotions, où se mélangent sentiment, violence, morale et sexe. Le mystère sur l’identité du tueur demeure tout au long du scénario, ce n’est que seulement vers la fin qu’il se dévoile à nous. L’investigation des scènes de crimes se fait un peu trop facilement avec l’ARI, mais les indices sont parfois bien cachés.

Ma seule déception a été sa durée : un peu moins de 10 heures pour terminer une première fois le jeu, et environ 8 heures le refaire au complet une deuxième fois. Heavy Rain offre aussi la possibilité de reprendre le jeu à partir d’un chapitre spécifique afin de faire un autre choix et de poursuivre le jeu sur une autre voie.

Donc pour terminer, je le déconseille à tous ceux qui n’ont pas de patience, car il faut regarder les scènes cinématographiques au complet, car il n’y a pas d’alternative afin de les passer. Sinon, c’est un excellent jeu que je recommande à tous ceux qui aimeraient passer un moment rempli d’émotions contradictoires.

En bref:

+ jouabilité selon le niveau du joueur PS3
+ scénario intéressant et évolutif
+ graphiquement très beau
- scénario trop court
- bande sonore répétitive
- une fois le jeux terminer, il n'y a plus de surprise à la refaire

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