Des anecdotes, on en a tous... Des anecdotes purement geek aussi. En écrivant mon billet hier, plusieurs souvenirs me sont revenus en tête dont certains me font bien rire aujourd'hui. J'avais 14-15 ans et fier d'avoir un Amiga 500 même si personne ne comprenait ce que c'était. J'avais 14-15 ans et j'allais gagner le droit d'aller voir le conseiller d'orientation pour avoir apparemment commis une faute grave, fou que j'étais ou plutôt geek.

J'avais une prof de français étonnante quand j'étais jeune. Celle qui vous donne l'envie de découvrir des bouquins mais elle trouva le moyen de tomber malade et de disparaître de la sphère de l'éducation nationale pour être remplacée par la jeune prof qui a ses preuves à faire et qui pense que les cahiers de pédagogie sont assimilables à la bible.
Un matin, très fière d'elle (à défaut d'être fière de nos résultats), elle décida de nous préparer pour une dissertation de 4 longues heures dont le sujet était la narration à la troisième personne de notre week-end. Parler de moi à la troisième personne ne m'était jamais venu à l'idée mais apparemment les exercices psycho-pédagogiques étaient en vogue chez les jeunes profs comme les Nike Air chez les ados.
Le jour de la dissertation arriva fatalement un lundi matin à 8h00 (quelle idée pour commencer une semaine que de balancer des dissertations et devoirs). Toute la semaine dernière, je me demandais ce que j'allais bien lui raconter de mon futur week-end maintenant passé quand, dans un éclair de génie j'ai pensé au film que j'avais vu où un gamin sauvait un monde à dos de dragon à tête de Teckel (l'histoire sans fin quoi).
Parce que, moi (enfin il...), sauve le monde PRESQUE TOUS LES JOURS ! voire L'UNIVERS ENTIER ! et ce Week-end là, IL avait sauvé plusieurs monde dans Turrican II, annihilé une menace alien dans Alien Breed et pris son vaisseau pour contrer de nouvelles menaces dans Project X. Et tout cela, raconté à la troisième personne, croyez-moi, ça déchire dans la tête d'un jeune geek de 14-15 ans !
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De toute manière, entre vous et moi, quand je ne trouvais pas la solution d'un problème de math ou de physique/chimie je répondais, sourire aux lèvres, 42 ou 1337 en permanence... Ça n'avait choqué personne ! Et à l'époque, je pensais encore naïvement que les profs étaient omniscients et comprenaient ces réponses.
Quant à l'exercice qui nous occupe, mes camarades avaient joué au foot, étaient aller ramasser des champignons, étaient aller surfer ou je ne sais quoi, moi, je sauvais l'univers et j'attendais impatiemment les notes et les commentaires de cette nouvelle prof...
Ce jour-là m'a marqué, celui de la remise des notes, quand d'une voix alarmée et inquiète elle me dit "tu viendras me voir à la fin du cours".
À la fin du cours, le ton alarmé et inquiet toujours présent, elle me demanda pourquoi j'avais rendu cette dissertation. C'était le sujet, je ne l'ai pas choisi répondis-je. De cette phrase, et ne sachant quoi répondre, elle m'envoya au conseiller d'orientation avec un air désemparé.
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Ahhhh le conseiller d'orientation dans son bureau ressemblant à un placard, persuadé de comprendre les jeunes et d'être sur la même longueur d'onde. Celui qui veut être tutoyé pensant que ça nous met à l'aise. J'aurai dû lui dire qu'il était vieux et que tout le monde se foutait éperdument de ce qu'il racontait mais il semblait si sûr d'être investi d'une mission sacrée. Un vrai stéréotype !
C'est alors que "Monsieur-cool-à-qui-je-dois-dire-tu" me demanda si j'étais heureux à la maison, si je ne me sentais pas triste, etc. Bien sûr que non que je ne l'étais pas. JE SAUVAIS LE MONDE MOI MOSSIEUR ET À LA TROISIÈME PERSONNE ! Après une heure d'explications aussi stupides les unes que les autres, il me libéra enfin de son placard et ma haine pour le système carcéral scolaire commença.
Plutôt dégoûté par cette expérience, je me disais (et me dit encore) que l'éducation nationale a toujours eu énormément de difficultés à accepter la différence, voulant créer et développer un moule assimilable à une norme ISO. Le truc monsieur et madame de l'éducation nationale, c'est que nous ne sommes pas des produits de consommation ou des disques durs juste bon à formater... Je ne sais pas ce que vous enseignez à vos futurs professeurs mais il faudrait peut-être se remettre en question.
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Quand nous sommes tout petit, vous encouragez la créativité et au fur et à mesure du temps vous tentez de nous embrigader dans des raisonnements cartésiens on ne peut moins épanouissant. Et surtout, arrêtez de prendre les enfants et les ados pour des idiots car, bien entendu qu'on fait la différence entre un jeu et la réalité... On ne s'enferme pas tous dans nos mondes virtuels sans capacité à distinguer le vrai du faux, le bien du mal.
Ce n'est pas parce qu'un gamin devient fou ou rencontre des problèmes liés à la dépendance que tous les gamins de la planète sont fous et ont des problèmes. Un môme qui lit et joue est tout aussi intéressant et normal que le super sportif de base, il a juste des passions et centres d'intérêt différents.
Ce qui me fait sourire c'est qu'aujourd'hui on tolère des trucs inadmissibles (écriture SMS, cellulaire à l'école pour autre chose que les urgences, fautes hallucinantes, abus de langage, etc) mais si quelqu'un sort du moule, plutôt que de s'y intéresser, on tente de le faire rentrer dans cette norme, c'est un peu triste mais heureusement que l'enseignement n'est pas intégralement ainsi et que l'on trouve encore des pédagogues capable de discuter avec un élève sans partir du principe que son interlocuteur est un idiot et quand il l'est... Dites-le lui, ça le calmera.