Nous voici propulsés dans un Japon fictif, en 1949. Il n'y a pas eu de seconde guerre mondiale et l'archipel semble prospérer mais pourtant, le mal rôde. En effet, un voleur se faisant appelé K-20, l'homme aux 20 visages sévit dans les sphères de la haute bourgeoisie. Celui-ci dérobe leurs biens les plus précieux et la police, quant à elle, est dépassée par ses exploits. De plus, le sieur étant joueur, il prend le temps d'informer ses futures victimes de ses futurs méfaits.
Loin de cette opulence, Heikichi Endo, un acrobate de cirque pauvre, se voit confier une mission bien étrange par un journaliste qu'il rencontre lors de l'un de ses spectacles. Contre une forte somme d'argent, celui-ci lui demande de prendre en photo, tel un paparazzi, le mariage d'une grande héritière en passant par les toits. Il ne se rend pas encore compte qu'à ce moment, il vient de sceller son avenir et également celui de K-20...
Qu'est-ce que j'étais tout excité à l'idée de voir K-20... Le matin où j'avais le DvD, je me tortillais comme un gamin devant des bonbons, les critiques étaient tellement bonnes... "K-20 rocks", "K-20 is great" qu'ils disaient et là... Ce fut le drame... Histoire d'un espoir anéanti en 2h17.
K-20 est à l'origine une série de romans de Rampo Edogawa que So Kitamura a remis au goût du jour. Vu le succès de cette série sur l'archipel nippon, une adaptation cinématographique était alors tout à fait normale. Celle-ci fut confiée à Shimako Sato, que personnellement, je ne connais que pour son implication dans Resident Evil: Code Veronica. Niveau cinéma, on ne voit son nom surgir pratiquement que dans des trucs totalement inconnus. J'aurai donc dû m'inquiéter mais non... Je gardais espoir !
Ça commençait pourtant pas trop mal. Un voleur aux allures de fantôme de l'Opéra faisant des cabrioles et des vols exceptionnels, un flic populaire, symbole de la justice, mais dépassé par le génie du super-voleur et un pauvre gars talentueux qui va devoir affronter le plus grand escroc de l'histoire. Mais voilà... Les personnages n'avaient peut-être rien d'exceptionnel mais le film en a fait de véritables caricatures...
Le gentil prolétaire du cirque accusé à tort par une bourgeoisie hautaine qui ne comprend rien à la vie du peuple et qui la nie par pure ignorance, une héritière au QI égal à une "legally blond" et un flic donc le charisme est proche du néant absolu tenant de se donner de la contenance en se bombant le torse... et K-20... Pour le peu de fois qu'on le voit, n'est qu'une parodie de Batman version vilain.
Le film est est un véritable vase vide, un gouffre d'une profondeur abyssale. On ne reconnaît en rien le cinéma asiatique auquel on s'attend. Ou alors, peut-être m'attendais-je à autre chose. J'espérais voir des scènes dignes d'un film de Takashi Miike* mais je n'ai rien eu de tel... Juste une extrême platitude de 2 heures.
Quant au suspense... Il faudra repasser. En 30 minutes, vous devriez avoir résolu toutes les énigmes, même sous Valium. Le long métrage se perd dans la facilité à tous les niveaux. Des stéréotypes basiques aux scènes d'action tout aussi molles les unes que les autres. Les moments qui se veulent drôles arrivent à peine à nous tirer un rictus et les extravagances caractérisant généralement le cinéma japonais dans ce type de film sont timides.
Maintenant, la porte est ouverte pour de nombreuses suites mais voilà avec un si mauvais départ, la licence ne va-t-elle pas mourir dans le cimetière des navets où elle sombrera dans l'oubli. Vont-ils avoir la sagesse de confier une éventuelle suite à un réalisateur génial japonais (ce n'est pas ça qui manque) ? Très sincèrement, je l'espère.
K-20, c'est comme un Pepsi sans bulles... Aseptisé et sans saveur, il semble être conçu dans le but de s'exporter. Tout y est tellement convenu et cliché que c'en est... chiant. Décidément, j'attendais énormément de ce film et je ne peux que être atrocement déçu. Alors le recommander ? Certainement pas et à titre d'exemple, son 6.9/10 sur imdb, je ne le comprends absolument pas (y'a plein de trucs que je ne comprends pas sur imdb de toute manière). Peut-être suis-je passé à côté de quelque chose, mais dans ce cas-là, qu'on me le dise ! Parce que ce que j'ai vu ne mérite vraiment pas que l'on y perdre 2 heures.
Titre Original: K-20: Kaijin niju menso den
Réalisateur: Shimako Sato
Pays: Japon
Année de production: 2008
Genre: Action
Durée: 137mn
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*Voir par exemple Crows Zero I et II