Si Factor 5 a certes abandonné la galaxie Star Wars… on ne peut pas dire qu’ils aient abandonné leurs vieilles habitudes. LAIR a beau proposer un système de contrôle original, dans le fond il ne fait pas vraiment dans l’originalité… et le moins que l’on puisse dire c’est que l’amateur de Rogue Squadron ne sera guère dépaysé. Prenez Rogue Leader, remplacez les X-Wings par des Dragons, et vous aurez une bonne idée du style de jeu offert.
On reconnaît immédiatement la pâte de Factor 5 sur ce plan, et comme dans leurs titres Star Wars, la maestria est de mise dans les combats aériens et le fun… immédiat ! Sauf que tout cela se présente à une bien plus grande échelle… ce sont des dizaines de dragons qui s’affronteront en même temps dans des niveaux gigantesques… et très rarement tout seuls… car bien souvent les missions impliqueront des troupes et des créatures au sol, ou des forteresse dont les défenses ne manqueront pas de vous canarder, ou encore une flotte de navire ennemi bien décidée à vous abattre, sans parler des gigantesques mantas bombardiers, à protéger ou à détruire selon la mission. Si le nombre de forces en présence peut rendre la situation parfois un peu confuse, cela contribue également à l’immersion frénétique de la bataille et au trip global même s’il nous arrive parfois de regretter l’absence d’un radar. Pour mieux s’y retrouver, LAIR propose une "Rage Vision" activée en maintenant appuyée la flèche directionnelle bas, et offrant une vue de "visée" en noir & blanc faisant apparaître les ennemis et objectifs principaux de la mission en rouge, les ennemis secondaire en orange, et les alliés en jaune clair (Et les amateurs des précédents titres de Factor 5, auront vite fait de remarquer que cette vue visée est très similaire à celle de Rogue Leader). Les affrontements rapprochés avec les dragons ennemis sont également de grands moments de jouissance… et LAIR offre également quelques boss très impressionnants bien que trop peu nombreux à mon goût. Et même si elles sont probablement l’aspect le moins réussi en terme de gameplay… les phases d’actions au sol restent très funs (malgré une caméra souvent capricieuse), ce qui, venant de Factor 5 est déjà une agréable surprise quand on se souvient de leurs tentatives catastrophiques dans Battle for Naboo et Rebel Strike !
Les 14 missions du jeu sont variées, bien travaillées et vous amèneront à accomplir de nombreux objectifs différent : qu’il s’agisse de simplement tuer les dragons de l’adversaire et massacrer ses armées au sol ou ses forces navales, de faire sauter une forteresse ennemie de l’intérieur, de suivre des tranchées pour pénétrer sans se faire repérer au cœur d’une citée adverse, de protéger des mantas en train de bombarder l’ennemi… ou tout simplement vous saisir de bombes et aller bombarder vous-mêmes… il y a de quoi faire et LAIR parvient à se renouveler sans devenir trop répétitif. La difficulté est plutôt bien dosée et les missions offre un certain challenge, sans pour autant devenir frustrantes (comme pouvait l’être celles de Rogue Leader) ou d’une facilité déconcertante (comme l’était celles de Rebel Strike). Ceci dit avec trois vies de disponible il n’est pas toujours très difficile de finir une mission du premier coup… mais elles ont l’avantage d’être assez longues ce qui est toujours bon à prendre !
L’aventure reste néanmoins assez courte et on verra rapidement venir le terme de l’aventure après 7 à 8 heures de jeu. Mais là encore, comme dans leurs précédents titres, Factor 5 a choisi de compenser une durée de vie assez faible par une grande quantité de bonus à débloquer (concept arts, combos pour les combats, dragons, commentaires audio, bande originale, making off…). Et comme dans les Rogue Squadron, cela se fait en obtenant des médailles d’or, d’argent, ou de bronze, au terme d’une mission selon les résultats obtenus (durée de la mission, nombre d’ennemis détruits, d’alliés protégés…). Autant dire qu’obtenir toutes les médailles d’Or afin de débloquer la totalité des bonus est loin d’être aisé et devrait offrir un challenge digne de ce nom même au joueur le plus aguerri.
Mais avec un scénario cette fois !
Ceci dit, l’une des différences de taille avec Rogue Leader vient cette fois-ci de la présence d’un vrai scénario, ce qui est un avantage non négligeable tant l'absence d'histoire était décevante dans les précédents titres de la firme. Si elle n’atteint pas des sommets, elle est de qualité, avec un univers et des personnages très sympathiques, contée par de magnifiques cinématiques entre les missions ainsi que des dialogues au cours du jeu. Sans receler une richesse insoupçonnée, l’histoire de LAIR brosse tout de même des thématiques et des questions intéressantes (à défaut de les approfondir) et on suit avec grand plaisir l’aventure de Rohn, le chevalier dragon.
Une finition douteuse
Hélas trois fois, hélas… LAIR possède un défaut de taille… car il devient vite apparent qu’il souffre d’un certain manque de finition tant les petits problèmes semblent s’accumuler.
Tout d’abord si LAIR est bien époustouflant visuellement, il souffre par moment de ralentissements notable – par exemple, lorsqu’on est au sol face à énormément de troupes adverses, ou lors de QTE pour désarçonner un dragonnier adverse. Si les ralentissements n’atteignent pas un niveau pouvant rendre le jeu injouable et ne gâchent pas le plaisir de jeu, il est malheureusement difficile de ne pas les remarquer. Cela n’est pas systématique mais il devient vite évident que le jeu aurait pu bénéficier d’une meilleure optimisation. Pour enfoncer le clou, bien que l’ensemble du jeu reste globalement fluide en 720p, les ralentissements deviennent tout de suite plus importants en 1080i, et bien que n’ayant pu tester le jeu en 1080p je ne puis que supposer que ce soit pareil, voire pire. De là à conseiller aux possesseurs de TV Full HD de jouer en 720p, il n’y a qu’un pas, ce qui est plutôt ironique pour un jeu se voulant le fer de lance du 1080p. A ce point on peut même raisonnablement se demander si développer en 1080p offre réellement un intérêt si cela empêche de cumuler un visuel bluffant à une fluidité exemplaire.
En sus de cela il reste aussi quelques problèmes de caméra : au terme d’une action sur un objet du décors (les fameux moments où il faut secouer sa manette), il n’est pas rare que la caméra se perde quelques instants avant de retrouver son dragon, et elle a tendance à faire un peu n’importe quoi également lorsque le dragon est au sol, au point de devenir limite ingérable (un défaut déjà partagé par le précédent titre de Factor 5 : Rebel Strike).
Et pour couronner le tout, LAIR n’est pas exempté de bugs ! Lors d’une mission... un bug en fin de tableau a rendu impossible le ciblage d'un générateur à détruire... m’obligeant à recommencer la mission. Pire encore lors d'une autre mission, un plantage au lancement d'une cinématique a mené le jeu à la lire au ralentit avant de s’arrêter complètement... et une autre fois j’ai eu droit à un réel blocage de la console en plein jeu – dans les deux cas j’ai été contraint d’éteindre la machine par la prise ! Cela reste des occurrences rares, mais assez horripilantes quand on vient de passer 20 minutes sur une mission...
Et c’est sans doute là que viendra le véritable reproche envers LAIR – car il est difficile de ne pas penser qu’avec un développement plus long, ces défauts techniques auraient facilement pu être corrigé. Dommage.
Bilan
LAIR est-il le jeu du siècle ? Sans doute pas. Son manque de finition trahit une fin de développement sans doute précipitée pour un titre qui avait déjà été repoussé de nombreuses fois, et ternis un peu l’image globale du titre. Qui plus est, son parti pris tout SIXAXIS – à la fois louable mais regrettable – le ferme irrémédiablement à une partie du public qui n’est pas sûr d’accrocher au système de contrôle.
Néanmoins le titre regorge de qualité et présente un fun immédiat et addictif. J’ai souvent cité Rogue Leader dans ce test, mais c’est parce qu’au fond on ne pourrait faire de comparaison plus judicieuse... Rogue Leader faisait un peu office de vitrine technologique pour la GameCube... un "simple" shoot, mais tout simplement bluffant techniquement et complètement jouissif d'un bout à l'autre. On peut sans doute en dire autant pour LAIR, et le titre est clairement une valeur sûr pour les amateurs de Dragons également fans de Rogue Leader, tant il est en par bien des points le successeur spirituel. Et a moins d’être entièrement hermétique au SIXAXIS, je vois mal comment on pourrait ne pas prendre plaisir devant LAIR si on a apprécié les précédents titres de Factor 5.
Personnellement je dois dire que malgré ses défauts, LAIR est à l’heure actuelle le plus gros trip que j’ai pu avoir sur la nouvelle machine de SONY et dans l’absolu mon seul gros reproche viendrait de ce manque flagrant de finition, laissant clairement entendre qu’un ou deux mois de développement supplémentaires n’auraient pas été de trop. Néanmoins il restera mon coup de cœur de cette rentrée 2007, et je croise les doigts pour voir apparaître un LAIR 2, qui espérons-le saura gommer les défauts de cet opus et transformer ce premier essai déjà très convaincant.
Points positifs et négatifs :
+ Visuellement époustouflant + Musique magnifique + Univers et histoire très sympathique + Très belles cinématiques + Missions et environnements variées + Nombreux bonus a débloquer +/- Jouabilité au SIXAXIS (C'est selon)
- Pas de contrôle au Stick - Graphismes parfois inégaux - Des ralentissements notables, particulièrement en 1080 - Des petits soucis de caméra par moment, principalement au sol. - Quelques bugs toujours présents - Globalement assez court
Note: ce test est intégralement écrit par Sergorn et lui appartient. Nous n'avons fait que le découper en plusieurs pages et y joindre les images.