Et voilà, les vacances sont vraiment finies et c'est le retour à la (dure) réalité. Finalement, j'aurai décroché 3 semaines plutôt que 2 et ça ne fait pas de mal. En tout cas, lors de mes pérégrinations bretonnes j'ai pu m'intéresser au blogging local, limite contestataire, et son potentiel sur la faune politique locale.

Les (gros) blogs s'attaquant aux gouvernements ont un certain pouvoir de pression grâce à leur force de frappe médiatique, mais ils ont aussi une vocation éducative importante. Leur influence provient surtout du nombre de visiteurs qui passent les lire et du buzz qu'ils peuvent générer via, notamment, les réseaux sociaux.
Si Hadopi a eu du mal à se mettre en place, c'est grâce aux différentes associations, blogs (aussi bien high-tech que politiques) et aux médias (enfin une partie opposée au projet comme Numerama). Il reste quand même que la Loi est passée. Toutefois, le combat n'est pas terminé et la blogosphère analyse chaque faux pas de la Haute Autorité comme le fait la presse (qui parfois s'appuie sur les blogueurs d'ailleurs).
Les blogs s'attaquant à des projets nationaux sont davantage des analyses critiques qui peuvent, selon le projet, créer un effet boule de neige et se retrouver relayés sur des médias nationaux, créant ainsi un mouvement obligeant les gouvernants à reconsidérer certains points de leur politique et à justifier leurs actions.

De plus, et c'est le plus important, ils ont la capacité d'éduquer et d'informer le public avec un regard critique souvent bien plus détaillé que ne peut le faire un média généraliste. Lorsque c'est le domaine d'expertise du blogueur qui s'affirme, on peut être surpris de la cohésion argumentaire dont il peut faire preuve (je pense ici à Paul Da Silva et quelques autres.).
L'éducation du public est quelque chose de primordial. Les blogueurs ont la capacité (et souvent la volonté) de transmettre leurs connaissances à un public moins averti. C'est probablement la forme d'influence la plus importante que peu avoir un blogueur puisqu'elle s'établit sur le long terme.
Au niveau local, les choses sont un peu différentes et j'ai été surpris de voir à quel point la motivation d'un blogueur pouvait modifier le cours des choses.

La politique locale, c'est souvent du copinage de village. Il ne faut pas se leurrer, dans les petites villes et dans les campagnes, c'est copain-copain et l'on adapte la Loi plutôt que de simplement l'appliquer. Les journaux s'en foutent, tout le monde s'en fout, c'est coutumier...
Pour un exemple concret, nous allons prendre la jolie commune de Ploemeur en Bretagne, dans le Morbihan (c'est pas un hasard hein, le blog dont je vais parler est à mon beau-frère si vous voulez tout savoir). Ploemeur est une commune où énormément de zones sont en principe protégée, les zones humides . Certaines de ces zones peuvent être protégées au point de devenir inconstructibles pour des raisons environnementales ou patrimoniales.
Toutefois, comme dans de nombreuses communes, des lotissements se font quand même puisque le référencement de ces zones humides traîne en longueur, les élus ayant avant tout en tête le développement rural. Ceci est encore plus vrai lorsque vous êtes dans une situation privilégiée qui place votre petite ville dans une zone économique dynamique.

Ainsi, c'est en 2007 qu'un blog, Bien Vivre à Ploemeur est né sur la commune pour, avant tout, faire en sorte que les Loi soient respectées et au passage l'environnement protégé. Le blog n'est pas rédigé par quelqu'un ayant une étiquette politique particulière (ce serait trop facile) mais plutôt par un apolitique un peu agacé de certains agissements locaux qui se perpétuent.
Le blogueur, armé d'internet, se retrouve alors parfois en position de force. Ce que font les blogs s'intéressant à la politique nationale, il le fait au niveau local. Décrets, projets immobiliers, routes, aménagements territoriaux, tout passe au crible et c'est payant !
Ce n'est pas vraiment le nombre de visiteurs journaliers qui intéresse notre blogueur mais plutôt son impact sur la commune elle-même et là, c'est plutôt amusant. Après plusieurs mois à écrire (et se plaindre, et assister aux conseils, et à avoir une vie associative, etc.), notre activiste arrive aujourd'hui a bloquer des projets qui n'ont pas lieu d'être et surtout il oblige la mairie à reconsidérer ses positions en vertu, avant tout, de la Loi.
Certes, on peut dire que le blog a , à première vue, une orientation polémique puisque tout y passe et en période électorale, les "locaux" savent très bien qu'en cas d'erreur flagrante, ils seront épinglés publiquement.

Plus un blog est important (et donc s'intéresse à des sujets et enjeux généraux ou nationaux), moins son influence directe est forte mais plus sa valeur informative et éducative augmente. S'il n'a pas le pouvoir de déjouer un projet de Loi, il a quand même la capacité à obliger les gouvernants à se méfier un minimum.
C'est quand même difficile de devenir populaire quand des centaines de blogs critiquent une politique, prouvent son inefficacité et sont relayés par des médias de toutes sortes. Je pense que le projet Hadopi est l'exemple parfait !
Au niveau local, la valeur éducative du blog est bien là, quoique moindre (normal vu que le nombre de visiteurs n'est pas le même) mais par contre son influence directe sur la politique locale peut s'avérer très efficace.
Un activiste sérieux peut donc obliger les élus locaux à se conformer aux législations en vigueur mais aussi à respecter leur mandat initial (rien que ça, c'est du boulot...).