Si tu es un minimum geek (même pas besoin en fait), tu as forcément entendu parler de Magic, The Gathering (l'assemblée). Pour ma part, j'ai découvert ce jeu de carte en 1994 pour arrêter en 1996 et reprendre en 2010. Magic est le pionnier des jeux de cartes à collectionner. Je ne parlerai pas de la version online mais uniquement de la version "carton" d'un jeu qu'il est difficile d'oublier.

Magic... Je me souviens encore de cette boutique Manga au cœur de Quimper. Alors que la japanimation et tout ce qui en découle était encore considéré comme de la perversion et que Ségolène était en croisade contre tout ce qui provenait du Japon, un magasin avait quand même réussi à s'ouvrir en province dans cet immonde marasme.
Geeks et Otakus s'étaient donc trouvés un endroit sympa pour discuter et .... découvrir Magic. Le principe est simple. Vous achetez un "Starter deck" (un kit de démarrage) puis après des "Boosters" (des recharges) et vous tentez de créer une symbiose entre vos cartes afin d'en tirer quelque chose.
Les cartes ayant une côte de rareté, certaines sont plus difficiles à trouver que d'autres et leur valeur fluctue entre quelques sous et quelques centaines de dollars ou d'euros, voire plus. Dès 1994, certaines cartes ont vu leur prix exploser et se stabiliser dans les années 2000 (l'ancestral recall et le black lotus par exemple)

Outre ce marché spéculatif et lucratif, le jeu en lui-même est construit autour de principes stratégiques simples à assimiler mais parfois assez complexes à mettre en œuvre. Pour résumer le jeu en lui-même, je vous conseille Wikipedia mais dites-vous que l'on dispose de 5 couleurs ayant chacune une spécificité, que l'on en mélange tout au plus 2 ou 3 en général pour totaliser 60 cartes et que l'on dispose d'un capital vie de 20 points pour commencer.
Tout ça pour dire que tout Geek qui tombait dans le giron de Magic avait tendance à devenir rapidement accro. Tournois, parties entre amis, tout était prétexte à jouer et qu'est-ce qu'on pouvait s'amuser. En plus d'être une activité compétitive, il ne faut pas oublier la dimension sociale qui entourait le jeu.
Hé bien oui, les joueurs partageant tous la même passion, différents lieux étaient identifiés pour s'y retrouver encore et encore. D'ailleurs ce concept a été largement amélioré puisque de nombreux magasins disposent de salles de jeu afin que les joueurs puissent s'y rencontrer, échanger et s'affronter.
Voyant le succès tonitruant de Magic, il ne fallut pas très longtemps pour que la concurrence se mette en place. De nombreux jeux ont vu le jour. Tous sont basés sur une variante de principes développés par Magic. Parmi les survivants de la "bulle des cartes", on retrouve Yu-Gi-Oh (1999 au Japon, 2002 en Occident) et Pokemon (1996 au Japon, 1999 en Occident).
L'investissement personnel et parfois financier de ces jeux est tel que les joueurs ont dû faire des choix et hormis 3 jeux, le reste ne fait que, tout au plus, vivoter. Magic, Pokemon et Yu-Gi-Oh ont leurs tournois, leurs joueurs fidèles et une somme colossale d'extensions années après années.
Aujourd'hui, un quatrième jeu, World of Warcraft, semble se faire une place dans le milieu sans toutefois convaincre les fidèles des 3 autres ténors.

Mais revenon à Magic ! Fort de son succès, les tounois ont commencé à poser des problèmes. Les nouveaux joueurs ne pouvaient pas se faire une place dans les classements. En effet, de nombreuses cartes anciennes trônaient au milieu de decks tous plus chers les uns que les autres. De quoi décourager tout le monde.
Wizards of the Coast, l'éditeur du jeu, a alors eu l'excellente idée de créer différents formats de tournois. Le Vintage et le Legacy seraientt réservé aux joueurs ayant accès à de très anciennes éditions ainsi qu'aux nouvelles (mais avec des restrictions différentes) et le Standard, appelé aussi T2, utiliserait les blocs d'extensions sur une année.
Ainsi, chaque joueur y trouve son compte et tout le monde peut participer ! Mieux encore. Wizards a également créé les Sealed (des formats où l'on se débrouille avec seulement 6 boosters) et les drafts (3 boosters chacun et l'on fait tourner les boosters à une table). Inutile alors de dépenser des sommes astronomiques pour s'amuser en tournoi !
Malgré quelques passages à vide, Magic s'en est toujours très bien sorti et ce, à tous les niveaux. De la compétition à la rencontre amicale, tout est pensé pour qu'un joueur ne soit jamais isolé (et en plus si vous ajoutez la version en ligne, c'est tout bénèf !)

Le grand choc qu'ont subi les jeux du genre provient d'Internet. Avant, les idées de decks se trouvaient dans les magazines spécialisées, lors de discussions entre amis, etc.
Aujourd'hui, des sites dédiés répertorient les decks que l'on retrouve en tournoi. Le résultat est simple. La moitié des decks que l'on croise se limitent à des copies de ce que proposent ces sites. L'aspect créatif a grandement diminué mais heureusement, certains joueurs tentent toujours de sortir du lot avec un deck de leur cru et lorsque cela marche, attendez-vous à en voir des copies.
Si L'avantage du web a été de pouvoir orchestré des discussions autour de nombreuses combinaisons de cartes, la créativité, elle, a été bien amochée. C'est un peu dommage de voir 40 fois le même deck durant une soirée mais bon, on fait avec et rien ne nous empêche de faire autre chose hein.
si vous ne le savez pas, un peu partout dans le monde (rien que ça), il existe les FNM (Friday Night Magic) où vous pouvez affronter d'autres joueurs pendant une soirée entière dédiée à Magic. Certaines enseignes organisent également de petits tournois d'autres jours de la semaine. Pour en trouver un, ce n'est pas très compliqué, Wizards a tout prévu et vous permet de trouver la succursale la plus proche de chez vous.
Suivant le niveau, vous pourrez être intéressé par l'O-Taku Manga Lounge et son ambiance plutôt casual, Gamekeeper et ses nombreux tournois, le Carta Magica et son nombre important de joueurs, le Face à Face et son niveau ultra compétitif (probablement le meilleur au Québec...).

Vous l'aurez compris, ce n'est pas les lieux qui manquent ! D'ailleurs j'y consacrerai un article...
Je ne pensais pas rejouer à Magic de si tôt ! Je m'y suis remis tranquillement et lorsque ta moitié est une joueuse, forcément, ça motive ! On y replonge rapidement et les dernières extensions rappellent agréablement les sensations d'antan. Même si on affronte fréquemment des copies de decks lors des FNM, on s'amuse quand même beaucoup et l'on apprend beaucoup.
Une fois de temps en temps, je tenterai de revenir sur Magic et les decks dans divers articles car il y a tellement à dire qu'il faudrait lui dédier un blog pour pouvoir effleurer tous les aspects de ce précurseur des jeux de carte.