Le 14 Novembre dernier sortait Mirror’s Edge sur Xbox 360 et PS3. Sa sortie sur PC est prévue pour Janvier 2009. Ce nouveau jeu de DICE (Battlefield, Motorhead, …) et Electronic Arts nous met dans la peau de Faith, « messager » dans un avenir proche où le monde est totalement contrôlé par l’information. Les Messagers sont chargés de livrer clandestinement des documents de clients à d’autres. Pour cela, ils se déplacent de toits en toits, en passant par des égouts et autres rames de métro, souvent les forces de l’ordre aux trousses. Des postiers Yamakasi en somme.

Le jeu nous propose de contrôler Faith dans le moindre de ses mouvements acrobatiques sur une quantité de niveaux organisés en courses d’obstacles. Le concept se rapprocherait beaucoup d’un Prince of Persia, vu en première personne. L’interface est inexistante, afin de favoriser l’immersion, si ce n’est un point au centre de l’écran censé fixer l’attention du joueur pour éviter la nausée. N’étant pas sujet au malaise de base, je ne peux pas confirmer avec certitude, mais en tous cas je n’ai pas eu de soucis.
Une bouffée d'air frais
Le gameplay est assez novateur dans son concept : au final assez peu de boutons, mais utilisés de façon contextuelle. C’est assez efficace car on n’a pas trop de soucis à faire exécuter ce que l’on veut (ou presque) à Faith. En plus des phases escalade, vu qu’on aura la police aux trousses, on a aussi un peu de phase combat. Au vu de la difficulté à les battre, il est préférable de courir très vite à couvert, même si certains affrontements sont inévitables. À ces moments là, il faut essayer d’avancer à couvert vers un agent isolé, le frapper suffisamment pour l’assommer (attention, un coup de crosse et il vous met à terre), et éventuellement prendre son arme pour se défaire de ses camarades. Plus facilement dit que fait. Ces phases de combat, en plus du côté précis inhérent aux phases d’escalade, rendent le jeu assez difficile, et il faudra s’habituer à répéter plusieurs séquences un grand nombre de fois. Attention aux impatients, c’est frustrant.
Hé oui, le jeu base sa progression sur l'échec, technique bien connue dans les jeux de plate-forme. Sachant qu'il faut être rapide et précis, chaque chute (enfin chaque mort en fait) permet d'en connaître un peu plus sur le parcours. Ce système est en fait assez décourageant.
Un design particulier
Pour passer à l’aspect technique du jeu, la réalisation est de bonne qualité. Les graphismes sont très soignés, malgré un peu d’aliasing. Aucun ralentissement ni plantage même après un long temps de jeu. À noter que sur PC, pour ceux ayant le matériel, le jeu profitera de la technologie Phys-X pour rajouter certains détails. Le style graphique est particulier, design sobre et épuré, ne proposant que peu de nuances de couleurs à l’écran à la fois. Ceci permet en mode normal de profiter de l’ « instinct urbain, » colorant d’un rouge flashy le prochain bout de décor avec lequel interagir pour avancer. Les oreilles ne seront pas en reste, les musiques sont très agréables et collent bien à l’ambiance générale du titre, de même que des bruitages de bonne facture.
Entre chaque niveau prennent place de courtes séquences d’un style dessin animé assez particulier (et controversé), pour faire avancer le scénario. Scénario par ailleurs assez inintéressant au vu de ses rebondissements sans surprises. Malheureusement, ceci vient à résumer l'intérêt de Mirror's Edge à une simple course d'obstacle. Ni plus, ni moins. L'innovation s'est limitée au gameplay et le reste a été mis de côté.
Enfin, le jeu est assez court, j’ai dû mettre 6h pour boucler l’aventure en mode Normal. Heureusement, il reste le mode difficile, les « Contre-la-montre » de chaque niveau (d’ailleurs, en additionnant les temps pour les médailles d’Or de chaque niveau, l’aventure durerait à peu près 75 minutes), ainsi qu’un petit paquet de challenges sur des cartes supplémentaires. Du contenu téléchargeable devrait arriver en début 2009. Lorsque l'on est au courant de la durée de vie de base du titre,il est plutôt difficile de vouloir y mettre le prix fort. Mirror's Edge se classe donc sous la moyenne des jeux actuels qui flirtent entre le 8 et le 12 heures de durée de vie.
Conclusion
Au final, ce jeu est une bonne expérience, assez rafraîchissante et fait figure d'ovni au mileu des productions actuelles. Plutôt joli et nerveux, Mirror's Edge est une nouvelle licence avec un fort potentiel. Toutefois, des erreurs de jeunesse viennent entacher un tableau qui était prometteur. Durée de vie ridicule, système de progression un peu frustrant et scénarisation inexistante peuvent décourager un joueur à payer 70 euros (ou même 50). Sorti au mileu d'une série de titre de meilleure qualité générale (mais aussi plus classiques), Mirror's Edge aura du mal à lutter pour se faire une place cette année. Attendre janvier pour la sortie PC et le contenu DLC (peut-être une baisse ?) pourrait être un bon compromis pour profiter au moins de son gameplay novateur.
Et si nous revenions quelques instants sur PhysX
Et puisqu'une image vaut 1 000 mots, voici une vidéo comparative du jeu sans PhysX et avec. Bon, il faut bien sûr être équipé des dernières générations de carte nvidia pour en profiter. On remarquera tout de même que certaines séquences deviennent bluffantes de réalisme.
Ajouter un Commentaire