Le Québec, c'est environ 7 millions d'habitants pour une province 5 fois plus grande que la France. Le Québec en 2010 est devenu une plate-forme incontournable de l'industrie du jeu vidéo.
Ce n'est pas moins de 7 grands développeurs qui ont implantés ou vont implanter un studio à Montréal.
Tout d'abord, le premier, Ubisoft ne cesse de recruter pour faire de son très populaire studio, le plus important d'Amérique du Nord. C'est ainsi que d'ici 2013 c'est environ 700 nouveaux employés qui rejoindront leurs rangs alors que la compagnie compte déjà plus de 2000 personnes.
Un autre développeur a également su s'intégrer à Montréal, Electronic Arts, le géant américain, a créé 700 postes et lors de sa restructuration visant à éliminer 1500 emplois, ce studio fut épargné.
Les projets des studios visent une masse salariale plutôt conséquente dans le milieu d'ici 2013 ou 2015. Ainsi, Eidos prévoit le recrutement de 350 employés (2015), THQ de 400 emplois (2013) ou Funcom projette, quant à lui, 150 nouveaux emplois.
Le petit dernier à annoncer son arrivée n'est autre que Warner Bros qui entendra créer 300 emplois d'ici 2015.
On retrouve aussi l'un des studios indépendants les plus importants, A2M, né en 1992 et ayant créé plusieurs centaines de postes à Montréal et qui développe ses titres pour des entreprises telles que Bethesda (Wet), Electronic Arts (version PSP de Dante's Inferno) ou encore la Fox ou Activision Blizzard.
Au total, l'industrie du jeu vidéo compte environ 6300 emplois rien que sur le territoire du Québec. De grands titres AAA y sont développés tels que Assassin's Creed chez Ubisoft ou encore le dernier Army of Two chez Electronic Arts.
Bien entendu, tous ces studios n'ont pas choisi Montréal par hasard. Il existe au Québec, depuis 1998, un programme visant le multimédia. Crédits d'impôts de 40% à concurrence de 15 000$ par salarié, subventions pour le développement, programmes d'emplois. formations spécialisées, etc.
Vous l'avez donc compris, développer à Montréal coûte moins cher que n'importe où ailleurs pour, en plus, avoir une main d'œuvre qualifiée. Mais personne ne sait si cela va durer.
En effet, si Ubisoft et Electronic Arts encourageaient le développement du jeu vidéo à Montréal, le ton vient de changer avec les dernières implantations.
Le Québec pourra-t-il assurer la main d'œuvre ? La raréfaction de celle-ci commence à se faire sentir. Et qui dit main d'œuvre rare, dit hausse des prix sur le marché. Il ne faudrait donc pas que le développement montréalais subisse une inflation dans les coûts de production, car l'Ontario est également un très bon client pour le multimédia avec des programmes similaires.
Toutefois, il est tout de même bon de signaler que tous ces studios n'hésitent pas à embaucher un nombre important d'immigrés sortant notamment des programmes de formations québécois et étrangers. D'ailleurs, ne comptez pas trouver un emploi dans cette industrie sans formation adaptée ou expérience pertinente. Le pôle multimédia de Montréal s'est définitivement orienté vers une main d'œuvre hautement qualifiée.

Le Québec regorge de formations adaptées en jeu vidéo. Difficile d'en faire le tour vu leur croissance depuis les dernières années. Heureusement pour nous, un site complet est consacré uniquement à ces différentes formations et se charge de vous donner tous les renseignements pertinents pour trouver votre bonheur : macarrièreenjeu.com.
Parmi les écoles les plus connues, on y retrouve le NAD qui offre l'un des meilleurs programmes en graphisme et animation. Certains diplômés ont terminé chez Disney, rien que ça... On y retrouve aussi Polytechnique (qui n'a rien à voir avec Polytechnique France, rassurez-vous tout de suite) qui offre une formation de 4 ans pour un diplôme en génie logiciel multimédia.
Je vous conseille donc de regarder ce site en détail si vous recherchez une formation précise ou un complément de formation. Si vous êtes français, sachez que le coût sera identique à celui d'un québécois en vertu d'accords France-Québec. Vous êtes donc réellement avantagés face aux autres pays puisque, pour un peu plus de 1000$CAD par session (tarif qui est voué à augmenter avec les réformes liées à l'enseignement), vous étudierez dans un programme de qualité qui orientera votre carrière future dans le monde du jeu vidéo.
N'oubliez pas dans vos recherches de bien vérifier que la formation est reconnue par l'industrie et ce, peu importe le pays où vous étudiez. Les formations québécoises ont le vent en poupe grâce aux studios présents sur le territoire. Si vous en avez l'opportunité et bien entendu les moyens, n'hésitez pas à tenter votre chance.

Les studios montréalais recherchent une main d'oeuvre qualifiée dans le domaine du multimédia. Votre cursus scolaire et professionnel a donc une très grande importance. N'oubliez pas que c'est tout de même des jeux AAA qui sont développés par ces studios. Ceux-ci nécessitent donc une expertise toute particulière dans le domaine.
Les étudiants du Campus Ubisoft ont l'avantage, en fin de cursus, d'obtenir une entrevue avec l'entreprise pour un éventuel emploi. Toutefois, il ne faut pas oublier, pour les autres, qu'une entrevue n'est qu'une entrevue et ce n'est pas parce que vous sortez de Polytechnique ou du NAD que vous n'avez aucune chance. En réalité, vous n'avez qu'une étape supplémentaire à passer, celle de la sélection de votre CV. Une fois cette dernière passée, vous serez à égalité avec les étudiants sortant du Campus Ubisoft.
Actuellement, c'est toujours Ubisoft qui recrute le plus, les autres studios ayant 3 à 5 ans pour respecter leurs échéances. C'est donc à la fois un très bon moment pour un jeune étudiant en début de cycle et quelqu'un désirant se spécialiser par un complément de formation de 2 ans. N'oubliez pas non plus que l'anglais est un très grand atout si vous êtes amenés à travailler en Ontario, en Alberta ou en Colombie-Britannique où d'autres studios existent. Si c'est là une de vos lacunes, pensez à prendre quelques cours et à travailler sérieusement votre anglais.

Montréal est réellement devenue une plate-forme importante du jeu vidéo. Que ce soit au niveau de la formation ou de l'emploi, les possibilités sont énormes. Ainsi, si votre rêve est réellement de travailler dans cette industrie, vous n'aurez pas vraiment d'autres choix que d'avoir ou de l'expérience ou une formation adaptée. Si vous avez déjà une licence ou une maîtrise, rien ne vous empêche de compléter votre formation afin de la spécialiser dans ce domaine. C'est un atout non négligeable.
De plus, il ne faut pas oublier que même si vous êtes au Québec, province francophone, les studios avec lesquels vous serez en contact risquent sérieusement de ne rien comprendre à la langue de Molière. Maîtriser la langue anglaise est donc un point important. N'hésitez pas à prendre des cours complémentaires et sachez que parmi les options de formations existe justement parfois l'anglais.
Le marché du jeu vidéo subit une expansion importante et il est fort à parier que celle-ci continue encore durant plusieurs années. Le Canada est l'un des leaders du développement et continue sa croissance dans ce domaine grâce à un coût de main d'œuvre qualifiée moindre qu'ailleurs, soutenu par des programmes gouvernementaux (principalement provinciaux) d'envergure. Il ne faudrait pas, par contre, que le nombre de studios sur Montréal continue à croître de la sorte vu la raréfaction de la main d'œuvre dans le domaine. Toutefois, nous n'en sommes pas encore là et c'est donc pour les étudiants et les gens en reconversion un excellent moment pour songer à se jeter dans cet univers...
Sources
Gamesmontreal (Merci Tommy pour le lien)