Par une froide soirée d’hiver dans une province du Japon, deux jeunes femmes prennent un aller simple en train, direction Tokyo. L’une va rejoindre l’homme de sa vie tandis que l’autre part à la conquête de son rêve : devenir une star du punk. Dans le wagon, elles se retrouvent assises l’une à côté de l’autre et par le plus grand des hasards, elles apprennent que, non seulement toutes les deux vont à Tokyo avec le but de s’y installer, mais qu’elles ont le même âge et portent le même prénom : Nana.
Pourtant, il y a un univers complet qui les sépare: Nana «Hachi» Komatsu est une jeune femme à l’allure bonne enfant, joviale et amoureuse de l’amour, tandis que Nana Ôsaki est une grande et belle femme aux allures punk , aux manières masculines, au langage franc et coloré. En arrivant à Tokyo, leurs chemins se séparent et elles ne semblent pas se douter que l’avenir leur réserve une petite surprise... En effet, toutes les deux sont à la recherche d’un logement et se rencontrent à nouveau dans l'appartement 707*. S’entendant tout de même bien, elles conviennent qu’il leur sera plus économique de vivre en collocation. C’est ainsi que naît une amitié des plus étranges entre les deux Nana qui s’épauleront dans les divers moments de leurs vies respectives. L'aventure peut commencer...
«Nana» est un shoujo** écrit par Ai Yazawa, une mangaka auteur d’une dizaine d’autres œuvres, dont «Princess Aï» (l'histoire et les dialogues de l’héroïne sont extraits de la vie et des chansons de Courtney Love... Ce genre de trucs ne s'invente pas...). L’anime «Nana» ne compte que 47 épisodes, diffusés pour la première fois en 2006 et se terminant avant la fin du manga, qui fut interrompu au 84e tome, à cause de la maladie de Ai Yazawa.
Quant à l’anime, je dois avouer que personnellement, je le considère comme un chef d’œuvre! Très touchante, l’histoire nous transporte dans un flot d'émotions au travers d'évènements de la vie quotidienne. L'amitié et les relations interpersonnelles sont le cœur de l'œuvre de Yazawa. On a d'ailleurs parfois l'envie de verser des larmes ou encore, à d’autre moment, l’envie de crier de joie, tant nous pouvons facilement nous identifier aux personnages.
L’histoire se concentre sur le développement des personnages principaux et secondaires, des épreuves qu'ils traverseront, les rendant ainsi de plus en plus attachants. Chaque personnage a une personnalité bien définie confortée par l'utilisation de flashbacks pour leur donner plus de consistance et expliquer «le pourquoi du comment» de leur comportement. Chaque personnage participe au déroulement de l'histoire à sa manière et la voix «off», qui commente certaines parties des épisodes n'est autre que celle de «Hachi» ou encore celle Nana Ôsaki. Utiliser ainsi la voix des personnages nous permet de rentrer dans leur intimité et nous voulons en savoir plus sur ces relations d'amitié si complexes entre nos deux chères Nana.
Côté graphique, rien à redire, le classique du dessin animé japonais shoujo. Les personnages sont détaillés ainsi que leurs expressions et l'on retrouve les clichés usuels tels que les reflets dans les yeux avec des petites étoiles, la larme à l’œil, les petits dessins entourant le personnage de fleurs ou autre lorsqu’il ou elle est heureuse, les petits cœurs rouges qui entourent la tête ou tout simplement les mimiques exagérées. Les jeux d’ombres et de lumières ajoutent une touche de réalisme à l'ensemble et les différents environnements sont mis en valeur avec minutie.
Inévitablement, la trame sonore est très diversifiée et accrocheuse. La musique est omniprésente dans la série, puisque Nana Ôsaki souhaite que son groupe punk «Blast» devienne populaire. Anna Tsuchiya, chanteuse Jpop très connue au Japon, a prêté sa belle voix grave au personnage de Nana Ôsaki, tandis que c’est la chanteuse Olivia Lufkin, elle aussi très connue au Japon pour ses chansons Jpop, a prêté sa voix très douce à la chanteuse du groupe rival, Reira de Trapnest. Il est même possible de se procurer l'OST de la série ainsi que les albums des deux groupes cités plus tôt : Anna inspi’Nana (Blast) et Olivia inspi’Reira (Trapnest).
En tant que fan de la série Nana, je dois avouer que je possède les deux, mes deux chansons préférées restant celle de l’opening de la série «Rose» de Blast et celle du générique de fin : «A little pain» de Trapnest. Ce fut une expérience remplie d’émoi et je ne peux que la conseiller à tous, filles comme garçons. Vous vous devez, si vous apprécier un minimum l'animation japonaise de voir au moins une fois ce chef d’œuvre sur l’amitié… Quant à moi, je le regarderai pour une troisième fois! Puis surement une quatrième... Pis une cinquième...
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*la symbolique du "7", qui se dit "nana" en japonais, est très récurrent dans la série. De plus, selon «Hachi», c'est le chiffre du Roi des Démons, auquel elle fait souvent référence.
**En occident, le mot shōjo, qui signifie adolescente en japonais, est exclusivement utilisé pour désigner un type de manga. Le shōjo manga (少女漫画, shōjo manga parfois écrit shoujo manga en wāpuro rōmaji) est un style de manga dont la cible éditoriale est avant tout constituée par les jeunes adolescentes, même si les garçons en lisent aussi. Le genre est à opposer au shōnen manga (少年漫画, le manga pour jeune garçon?). [WIKIPEDIA]