Fan de films de sabre ? Fan de Kill Bill ? Pensez donc à No More Heroes alors ! Ce jeu d'action, attendu par le public aura eu le mérite de nous faire patienter longtemps avant de se rendre enfin disponible sur les étagères japonaises et nord-américaines. Nous vous proposerons donc le test de cette dernière, non censurée, afin que vous puissiez vous faire une petite idée sur un jeu... hors norme.
Du style et du caractère
Si il y a un truc que tout le monde remarque de No More Heroes (NMH pour les intimes) c'est bien son cell shading si particulier. On accroche ou pas... On aime ou on déteste, pas d'alternative possible. Pour ma part, je suis plus que fan et chaque personnage, chaque touche de design est un vrai plaisir pour les yeux. La ville par contre est bien moins soignée. Plutôt vide et fade, on ne s'y attardera pas et nous roulerons rapidement vers nos missions sur notre énorme moto. C'est en fait l'ensemble des personnages qui a été soigné au détriment de nombreux décors dont le rendu fait parfois peine à voir.
Les symptomatiques clones des jeux d'action de ce genre sont présents. On aura donc tendance à rencontrer les mêmes ennemis sur un terrain donné mais l'assassin que l'on cherche à affronter, lui, est unique. Les dialogues qui s'enchaînent autour de ces combats sont matures, parfois déplacés ou amusants. Chaque assassin est vraiment particulier et charismatique. Vaincre chacun d'entre eux ne sera que pur plaisir.
Quant à l'animation, elle est généralement très bonne mais accuse quelques instabilités de framerate. Travis, notre héros, bouge rapidement, ses attaques sont impressionnantes et les coups portés donnent une impression de puissance énorme. Les différents assassins que l'on rencontrera auront également chacun leur style, leurs mouvements seront identifiables et à nous de trouver les parades. Le sang va gicler dans tous les sens, les têtes vont voler, les bras aussi d'ailleurs... C'est beau... C'est visuellement jouissif !
Les effusions de sang, qui font quand même le charme du titre (et qui sont absentes de la version européenne) peuvent parfois rendre les combats très brouillon dans la mesure où toute cette hémoglobine peut littéralement vous cacher la vue du combat que vous menez après avoir égorgé un de vos ennemis qui saigne encore.
Autre petit défaut, plutôt gênant sur les grands écrans HD (la télévision de test était une 132 cm) c'est l'aliasing omniprésent, donnant un méchant côté PSX au jeu par moment (une fois encore, surtout en ville). On en vient à se demander pourquoi un filtre antialiasing n'a pas été prévu pour éviter ce genre de désagrément.
Sorti de ces détails, bande-son, doublage et sous-titres sont plutôt sympas. Les dialogues sont souvent crus et drôles. Travis est un pervers, on ne mettra que quelques minutes à s'en rendre compte et c'est aussi un psychopathe dont l'ambition est tout simplement d'être le numéro 1 des assassins de Santa Destroy. Son style 70's, son énorme moto, ses verres fumés et ses répliques parfois pathétiques (mais toujours drôles) font de lui l'un des héros les plus charismatiques que j'ai pu rencontrer depuis un moment...
Un gameplay à l'image du jeu
Intuitif est le mot qui caractérise le mieux le gameplay de NMH. Au travers du petit tutorial, nous apprenons à maîtriser Travis. Le bouton A sert à frapper au sabre et le B à donner des coups et étourdir l'adversaire. Plutôt que de limiter le joueur à presser frénétiquement les boutons, des mouvements spéciaux sont possibles dans les 2 cas. Ainsi Vous pourrez bouger vers le haut ou le bas afin de casser la garde de vos adversaires.
Mais ce n'est pas tout ! Chaque fin de combat se solde par un geste de mise à mort à faire qui vous permettra soit de décapiter, de découper votre ennemi au sabre ou alors, via un mouvement plus complexe (utilisant nunchuk et wiimote), utiliser une prise de catch dévastatrice et surtout spectaculaire. Par contre les mises à mort au sabre ne seront pas "gratuites". Celles-ci coûteront de l'énergie et il faudra toujours penser à recharger son sabre dans un mouvement un peu louche, digne d'un ado sous pression hormonale.
L'objectif principal du jeu étant de devenir numéro 1 de la United Assassin Association, vous aurez à vous imposer face à 10 adversaires aux techniques variées. Avant de pouvoir les affronter, nous devons impérativement amasser une certaine somme d'argent qui sera de plus en plus élevée au fur et à mesure de notre progression. Pour nous rendre riche, diverses missions seront accessibles.
En effet, nous pourrons, dans un premier temps, faire des missions de base comme ramasser des noix de coco ou tondre du gazon le plus rapidement possible ce qui débloquera inévitablement des missions "assassinat" plus lucratives. Elles peuvent toutes être recommencées à l'infini, nous permettant, ainsi, non seulement de nous enrichir mais aussi de changer d'arme, de nous entraîner pour améliorer nos caractérisques ou d'Acheter une vidéo pour maîtriser une nouvelle prise. Mais ce n'est pas tout car nous pourrons aussi acheter des vêtements. Ben oui... Travis à la classe, et la classe... Ça n'a pas de prix !
Et c'est dans le déroulement de l'ensemble des missions que se cache un petit défaut. Outre les chargements fréquents, tout revient plus ou moins au même... Les ennemis finissant par se ressembler, l'objectif étant soit d'en tuer un précis, de ne pas prendre de coups ou encore d'en abattre le plus possible, ça ne se renouvelle pas tellement. De plus, il faut parfois refaire certaines de ces missions plusieurs fois car nous n'avons plus la somme nécessaire pour progresser, ce qui énerve un peu. Toutefois, Grasshopper a tellement soigné son gameplay que l'on ne se perd pas dans une monotone répétitivité. Grâce aux combos et aux petits jeux intégrés dans certaines missions, leur enchaînement est un plaisir.
Comme je vous l'ai dit un peu plus haut, nos combats se soldent par des mises à mort, agrémentée d'énormes flèches sur l'écran nous indiquant le mouvement à faire. Cette gestuelle a un autre but que la jubilation. Chaque fois qu'un ennemi est abattu de la sorte, une sorte de machine à sous se déclenche et là... Tout change. Pendant quelques secondes vous pouvez débloquer divers bonus comme une vitesse exponentiellement accrue accompagnée d'un sabre extraordinairement puissant, la transformation de votre sabre en lanceur de boules d'énergie ou encore le ralenti extrême qui vous permet de placer des prises tout bonnement hallucinantes.
C'est indéniablement toutes ces petites choses qui font de NMH ce qu'il est, un grand jeu ! Les défauts sont gommés par l'excellence du gameplay et plein de petites trouvailles qui relancent sans cesse l'intérêt que nous avons pour le jeu. On se surprend à oublier parfois les boss pour atteindre la perfection dans les missions annexes. La démonstration de puissance dont fait preuve Travis est tout simplement jouissive.
La version europééenne amputée...
Et voilà le sujet qui fâche... Au travers d'une vidéo nous pouvons assister au massacre d'ambiance orchestré par la censure (probablement allemande) du titre :
Dans NMH le sang n'est pas là pour rien... Il participe énormément à l'atmosphère du jeu à son côté totalement décalé (une décapitation rappelle un peu l'explosion d'une bouteille de champagne). Les ennemis perdent des hectolitres de sang pendant que Travis massacre ce qui bouge encore. Durant les "Death Scenes", passages importants du jeu puisqu'ils annoncent la progression de notre héros vers un nouveau rang, le sang participe au kitsch de la situation et encore une fois à l'atmosphère générale qui se dégage de ces moments exclusifs et uniques.
Avoir enlevé cela de la version européenne n'est qu'un pur et simple massacre qui tue une partie l'ambiance du jeu mais aussi une partie de son design général, avec ce rouge pétant qui éclabousse les couleurs pastelles. Il ne reste plus qu'à espérer qu'il existera un moyen de faire revenir le sang dans cette version et qu'il n'a pas été tout bonnement et simplement supprimé de la galette sinon c'est facilement 10 à 20% de l'esprit du titre que tuera la censure. Il ne serait venu à l'idée de personne d'enlever le sang de Kill Bill pour balancer des litres de pétrole à la place...
Si vous avez une Wii Nord-Américaine vous aurez un énorme avantage et vous pourrez vous satisfaire de votre choix de machine... Surtout que le sous-titre français est disponible. merci Ubisoft pour ça d'ailleurs.
Conclusion
Voilà enfin un jeu qui a du caractère... On aime ou on déteste, c'est noir ou blanc. Un design étonnant et un héros charismatique sont 2 éléments caractérisant ce No More Heroes. Les flèches aux couleurs jaune orange particulièrement laides, synonymes de mises à mort et les sons tout droits sortis d'une 8 bit participent au charme de ce titre hors norme.
Certe, il n'est pas parfait. La ville est plutôt vide et sur une TV HD, l'aliasing pourra en choquer plus d'un. Les missions ne sont pas toujours palpitantes et parfois répétitives et les ennemis sont victimes d'un clonage de masse mais le jeu est excitant, violent et incroyablement bien rythmé. On enchaîne des scènes d'actions magistrales, les combats contre les autres assassins sont épiques et uniques. Les mini-jeux sont amusants et les bonus tout simplement énormes. Les contrôles répondent au quart de tour. En fait, c'est tout simplement du grand art !
Si le jeu vous plaît déjà graphiquement où que vous avez apprécié Killer 7, il y a de très fortes chances pour que celui-ci figure très bien placé dans votre ludothèque, et à juste titre. Par contre, si vous le trouvez laid ou ne connaissez pas du tout les productions de Grasshoper, testez-le, vous pourriez changer d'avis, ne serait-ce qu'à cause du gameplay drôlement bien conçu. No More Heroes est bien le rejeton du studio créateur de titres marginaux comme Killer 7, Contact ou encore Flower, Sun, and Rain, un jeu différent que l'on adore ou que l'on déteste... Pour ma part, je suis fan...