jeudi, 13 mai 2010 06:04

Peut-on concurrencer Facebook et Twitter ?

Écrit par 

Un article du new-york times m'a interpellé, celui du facebook-like libre respectant la vie privée. En effet, on voit parfois arriver un éventuel concurrent pour Facebook ou Twitter mais il disparaît presque aussitôt du paysage. Sincèrement, peut-on concurrencer ces 2 géants sans prendre une énorme claque ?

 

logo

 

 

 

Le cas Twitter

Le réseau social est encore jeune, mais il n'empêche qu'il est puissant et croît de manière exponentielle. Penser à le concurrencer de manière frontale en proposant l'équivalent reviendrait à se heurter à un mur en béton armé... Ça ferait donc très mal et pas sûr que Twitter s'aperçoive de la tentative de concurrence.

De plus, il ne faut pas oublier que gravitent autour de Twitter différents médias. On y trouve aussi bien une partie de la blogosphère que les médias conventionnels les plus populaires (chaînes TV, journaux, magazine) ou même des personnalités du monde politique et people. Il devient alors extrêmement difficile de tenter de se battre et de prendre un marché qui, en fait, est un quasi-monopole.

À cet actif déjà très lourd, il faut ajouter le nombre croissant de services tournant dans le giron de Twitter qui vont des interfaces utilisateurs (Tweetdeck et Seesmic) aux statistiques (twoolr) en passant vers les services de diffusion (TweetMeme). Twitter a donc développé un écosystème complet.

Toutefois, il existe bien des services concurrents comme identi.ca basé sur le logiciel libre StatusNet. Plutôt discrète, la plate-forme semble surtout s'adresser à des niches d'utilisateurs là où Twitter vise le général.

On y trouve des groupes auxquels nous pouvons participer sur des thèmes tels que Debian, KDE ou Ubuntu. Pour faire simple, les plus grands groupes (composés de quelques milliers d'utilisateurs) visent spécifiquement les environnements Linux même si identi.ca ne s'y limite pas.

C'est bien là le seul domaine où Twitter n'excelle pas, la spécialisation. On peut donc facilement imaginer le développement de quelques services qui s'adresseront à des niches de professionnels ou d'amateurs éclairés de domaines très spécifiques comme le fait très bien le site Sijoli, un twitter-like pour graphistes. Sorti de là, je pense que le roi du microblogging est actuellement intouchable.

 

Sijoli, un twitter-like bien pensé made in Simon de Tribords.com

 

 

Le Cas Facebook

Se frotter à Facebook, c'est comme tenté de taquiner Google en décidant de créer un moteur de recherche. Aussi génialissime que puisse être votre service, il faudra un capital énorme pour blinder les médias de publicités afin d'espérer avoir un minimum de visibilité et même là, rien n'est garanti.

Malgré ses défauts, Facebook est un titan dans le monde des réseaux sociaux et son intégration du contenu Wikipedia tend à démontrer une certaine volonté de centralisation. En offrant quelque chose d'aussi énorme que Wikipedia directement consultable via l'interface de site, on consolide irrémédiablement le lien avec l'utilisateur. Sans oublier la myriade de jeux et petites applications inutiles qui alimente constamment Facebook.

 

quand je parle de défauts...

 

C'est donc ici que je reviens sur l'article du NY Times qui évoque le projet Diaspora, réseau social décentralisé, libre et surtout respectant la vie privée. Sur le papier c'est bien beau, mais ils n'ont aucun moyen financier et s'ils en avaient, le monopole de Facebook est tel qu'il faudra proposer bien mieux qu'une philosophie à M. Tout-le-monde qui pense qu'Internet se résume à Google et justement Facebook (oui, ça existe). Bien entendu, des gens vont trouvé le projet génial (j'en fait parti) mais je ne me fais pas d'illusions sur son avenir qui se limitera à une niche d'utilisateurs avertis. Ce n'est pas leur collecte qui y changera grand chose (oui, je suis pessimiste).

Sur son terrain, Facebook n'a, comme Twitter, absolument aucun concurrent viable et c'est plutôt le web qui vient graviter autour de Facebook en prenant le soin d'installer des boutons "j'aime" un peu partout... C'est là que l'on voit à quel point la toile tissée par le monstre social dépasse les frontières d'un simple site.

Et ça, Facebook le sait pertinemment. En imaginant qu'un projet tel que Diaspora puisse percer, ils n'auront qu'à faire un mea culpa quant à leurs politiques de confidentialité, ce qui annihilera partiellement la méfiance des plus crédules pour quelques mois , pour après reprendre leurs mauvaises habitudes. C'est triste, mais je ne vois pas d'autre scénario, en tout cas dans les prochaines années.

 

le projet diaspora

 

 

Conclusion

L'histoire est un éternel recommencement et les gros restent gros. Leur chute prend des décennies ou n'arrive jamais. On a annoncé souvent la mort de Microsoft et la fin de son règne et pourtant ce n'est pas Apple qui peut prétendre avoir envahi le parc international informatique. Windows est fondamentalement dominant et ça risque d'être encore longtemps le cas.

Je ne crois pas que Chrome OS ou MacOSX puisse changer le paysage des systèmes d'exploitation. Cela prendra une éternité avant qu'ils puissent réellement s'affirmer, surtout que dans le domaine, l'expertise et l'innovation de Microsoft sont énormes.

Sur le web, on nous a déjà annoncé une concurrence viable contre Google ! Où est-elle ? Ce n'est pas le duo Yahoo/Microsoft qui pourra renverser la main mise du géant sur la recherche dont il est l'expert incontestable. Ils devront se battre sur d'autres terrains, parce que celui-ci est conquis pour longtemps.

Il n'y a donc aucune raison que le monde des réseaux sociaux voit les choses évoluer autrement. Twitter et Facebook sont de grands maîtres dans leur domaine respectif et ils ont changé à leur manière le cyber-paysage que nous contemplons. Le Buzz de Google n'a même pas été capable de faire sourciller les 2 principaux réseaux et pourtant, derrière il y a des moyens énormes.

Si quelque chose doit arriver, ce devra être nouveau et innovateur, mais surtout, différent. Les réseaux sociaux sont encore jeunes et je reste persuadé que tout n'a pas été fait et que le meilleur (comme le pire) restent à venir. Les services tendent vers une complémentarité. Pour caricaturer, on fait de la recherche sur Google, on s'amuse sur Facebook et on échange de l'information sur Twitter. Le danger immédiat pour l'avenir, c'est la centralisation, car sur 3 géants du web, 2 ont des allures inquiétantes de big brother...




Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.