Le SELL (Syndicat des Editeurs de Logiciels de Loisirs) a répondu aux attaques de l'UFC-Que Choisir via différents communiqués. Le plus intéressant, selon ma petite personne, reste l'interview disponible sur Gamekult, qu'une simple analyse sommaire démonte sans aucun problème.

James Rebours, président du syndicat (mais surtout directeur Général de Sega France/Allemagne) semble oublier que Google nous révèle tout...
Quand M. Rebours nous dit que les Online pass ont été créé contre le piratage, il sait très bien que c'est faux. Electronic Arts, seigneur en la matière s'est déjà prononcé sur le sujet. Inutile de nous bassiner avec une utopique relation éditeur-joueur, une sorte d'esprit communautaire autour d'un titre ou je ne sais quoi d'autre qui fleure bon le hippie...
En effet, lorsque Electronic Arts a développé les systèmes de Online Pass, ce sont les marchés console qui ont été visés. La PS3 ne subissait pas de piratage de masse (je crois d'ailleurs qu'elle en est toujours loin si on doit la comparer à la 360 ou la Wii) et pourtant elle était bien dans le lot.
Le sujet a tellement fait parler de lui que d'autres éditeurs comme Take Two se sont prononcés timidement et ça donne cela:
"On regarde ça [...] L'essentiel pour nous est d'avoir des relations amicales avec le consommateur et d'être respectueux pour les ventes au détail. Je pense qu'il est beaucoup plus intéressant de se concentrer sur des choses telles que du contenu téléchargeable. Cela dit, tout est possible et nous n'excluons rien."
Le Online pass ne tisse pas de relations amicales avec le consommateur. Il suffit de voir les réactions que suscitent ce type de mesure, les exemples ne manquent pas.

Le truc que les éditeurs font semblant de ne pas comprendre c'est qu'un joueur qui vent son jeu n'est plus en ligne et un autre le remplace. Il n'y a pas de surcoût... Le nombre de joueur est toujours le même...
En supprimant l'accès au mode online pour l'occasion, on bride le joueur dans sa possibilité de revendre le produit qu'il a légalement acheté. La triste vérité c'est que le Online pass de EA a surtout rapporté 10 à 15 millions de dollars.
Et puisque M. Rebours aime les comparaisons avec les voitures. Est-ce que revendre ma voiture sans le carburateur va plaire à l'acheteur ?
Quant à comparer ios/Android et leurs jeux à 3 euros avec des titres à 70 euros (ou 70$), c'est un peu déplacé...

Ils ne le sont pas systématiquement et quand ils ne le sont pas, c'est en grande partie pour la bonne et unique raison que ce qui est à télécharger avait été promis avant la sortie du jeu.
Le pack Cerberus de Mass Effect 2 par exemple (ou Assassin Creed II) est avant tout un rempart contre le marché d'occasion puisque ce contenu n'est gratuit que pour les gens ayant le jeu original, ceux prenant le jeu d'occasion passeront à la caisse...
Ce serait si simple ! Quand la majorité des gros titres utilisent le même concept, le joueur doit donc arrêter de jouer s'il ne va pas le subir. C'est un peu comme arrêter de conduire si on trouve que le prix de l'essence est trop élevé (bon je sais que j'exagère un peu là... quoique...).
Quand quelques personnes achètent un pack quelconque pour Call Of Duty, ceux voulant jouer avec eux n'ont pas vraiment le choix de suivre à moins de se retrouver exclus d'éventuelles parties et ça, les éditeurs sont très au fait de ce genre de pratique puisqu'elles existent depuis très longtemps.
Une fois de plus, on ne cherche pas à fidéliser un client mais on cherche à le ponctionner encore un peu plus. 15 euros le DLC a un mois à peine de la sortie d'un jeu c'est tout simplement une arnaque. Difficile de dire que le tout n'était pas déjà prêt bien avant la sortie du jeu...

Je pourrais continuer un bon moment et je comprends que le SELL face son travail en défendant les éditeurs. Par contre, il faut éviter de prendre les joueurs pour des idiots. Personne ne cache plus aujourd'hui que la lutte contre le marché de l'occasion est plus importante que la lutte contre le piratage.
Quand on parle de l'univers PC, le constat est simple. Les éditeurs arrêtent simplement de développer sur la plate-forme ou le font des siècles plus tard. Sur console, milieu où le piratage est moindre, les contraintes deviennent les mêmes que celles de l'univers PC.
On nous camoufle ça sous un aspect "communautaire" mais en réalité, il n'y en a pratiquement pas. Qui connaît la liste des joueurs qu'il affronte sur CoD ? C'est plutôt rare. Les clans ne s'organisent pas vraiment comme les guildes des MMOs, les relations entre joueurs sont réduites au minimum nécessaire. On consomme ces jeux comme un MacDo. Ça va vite, on ne se confond pas en discussions, on joue et on oublie.
L'aspect communautaire se fait souvent entre amis. On joue avec ses amis contre des inconnus qui le resteront, c'est tout.
Par contre, UFC-Que Choisir doit absolument étayer son argumentaire et donner des exemples concrets en listant les jeux usant de Online Pass ou étant suffisamment buggués pour entacher le plaisir de jouer car ce sont les détails qui ici ont leur importance.