Rise of the Argonauts
31 Décembre 2008
Yann et Skalp
Ah la Grèce et ses Légendes... Hercule, Achille, ou encore Jason ont bercé mon enfance. Et vu que Skalp a lâchement abandonné ce Rise of The Argonauts, c'est donc moi qui me colle au test. C'est donc au travers des aventures de Jason et la toison d'or que nous allons visiter les mondes mythiques de la Grèce antique. Bon, ne vous attendez pas à une retranscription fidèle de la légende car Codemasters s'est un peu laissé aller, quitte à réécrire l'histoire... Ce n'est toutefois pas trop grave et ça nous permet d'en découvrir plus sur ces mondes souvent mal exploités dans la dimension vidéoludique. Il est maintenant temps de prendre ce Jason en main !
Une réalisation mitigée
Graphiquement, le jeu ne se débrouille pas trop mal. Les personnages et les différents protagonistes ou monstres que nous rencontrons sont bien réalisés. Les environnements sont nombreux et se divisent entre le château de base et son village puis différentes îles sur lesquelles des créatures mythiques nous attendent. Par contre, les éclairages sont extrêmement brutaux et il arrive fréquemment que l'on passe d'une image claire et lumineuse à une teinte rosée et sombre en l'espace d'un quart de seconde.
À ces éclairages douteux, il faut ajouter un nombre assez étonnant de bugs divers et variés. En effet, il arrive que les collisions deviennent totalement aléatoires, que les monstres fusionnent avec le décor ou alors que Jason descende des escaliers sans les toucher. Les combats n'en deviennent que plus brouillons et approximatifs lorsque les saccades sont de la partie. De plus, l'animation est loin d'être exceptionnelle et reste très raide.
La musique quant à elle est agréable et correspond bien aux thèmes abordés par le jeu. Le doublage est, par contre, une vraie plaie. Il n'est pas mauvais en soi, mais il est tellement mal échantillonné qu'on a l'impression d'écouter une émission de radio sur les ondes AM. Sachant que le jeu est composé de plusieurs heures de dialogues, on peut finir rapidement par les zapper et répondre plus ou moins n'importe quoi aux questions posées par les personnages.
Une gameplay inachevé
Revenons sur les combats invoqués plus tôt. Tout d'abord l'IA est médiocre et les ennemis font souvent n'importe quoi. Disposant de 3 armes que vous pouvez alterner d'un simple bouton, Jason dispose d'une panoplie de coups qu'il débloquera via des hauts faits (transformés en points) offerts à l'un de ses 4 dieux (Arès, Athéna, Hermès et Apollon). Ces arbres techniques, propre à chaque dieu, permettront aussi à Jason d'user de pouvoirs divins durant un combat via la croix directionnelle. La personnalisation de notre guerrier est vraiment développée mais les combats étant répétitifs et assez creux, ils ne sont pas tous si utiles que ça car nous utiliserons systématiquement les mêmes techniques d'un duel à l'autre, que l'ennemi soit seul ou non. Nous sommes très loin du panel de combos d'un God Of War. C'est regrettable que le switch d'armes n'ait pas été mis réellement à profit car la facilité avec laquelle il se fait est un vrai plus.
Mais ce n'est pas tout. Il est également impossible de savoir si l'un de nos ennemis est proche ou non de mourir. Il faut uniquement se fier à l'animation. Un monstre qui boîte est à moins de 50% de vie. Vu qu'on ne sait pas réellement ce que représente le 100%, on reste dans un flou artistique et devant un boss, c'est l'horreur. Il existe également des mises à mort (en utilisant le coup puissant) avec un effet de ralenti pour que l'on puisse voir le corps démembré voler en éclats. Cette mise en scène brise malheureusement souvent l'action comme dans Conan.
Et puisque Jason n'aime pas être seul, il pourra disposer de 4 compagnons mais il ne pourra pas les utiliser tous en même temps. Chaque île vous demandera donc de faire un choix. Héraclès et Pan seront vos 2 premiers Argonautes, Atalante et Achille suivront. Ils sont, heureusement pour nous, bien plus rusés que l'IA et vous seront d'un grand soutien au combat. Par contre, contre les boss, ils ont tendance à tenter des opérations suicides. D'ailleurs, quelques compétences octroyées par l'arbre d'Apollon vous permettront de les sauver lors d'un affrontement un peu trop périlleux.
Action et Aventure
Rise of The Argonauts a su mélanger judicieusement les genres. Développement intéressant de notre personnage via les arbres de compétences, armes et armures aux bonus différents, scénario travaillé et quêtes annexes intéressantes sont de la partie. Mais tout comme la réalisation et le gameplay, il y a ce petit arrière goût de bâclé qui arrive assez rapidement. Cette fois-ci, le principal défaut de la quête de Jason se situe aux niveaux des nombreux et ennuyeux aller-retour que nous allons devoir faire pour accomplir les différentes quêtes... Rien que l'île de départ nous oblige à traverser au moins 3 fois la zone d'un bout à l'autre. En plus, la carte n'étant pas précise, on peut facilement se perdre dans un grand bâtiment ce qui n'arrange rien
Quant à l'aventure principale, elle est bien menée, intéressante et offre quelques grands moments faisant de Rise of the Argonauts un jeu qui plaira aux gens s'attachant avant tout au scénario. Une quinzaine d'heures devrait vous suffire pour traverser cette épopée dont vous garderez, je suis sûr, un bon souvenir. Le titre mérite au moins qu'on lui laisse une chance car si vous vous laissez absorber, l'aventure sera au rendez-vous.
Conclusion
Inachevé. C'est le mot que je retiendrai de cette expérience. De nombreuses saccades, des combats fouillis, des combos finalement assez pauvres pourraient faire oublier une belle aventure et des qualités indéniables (l'aventure en elle-même, les arbres de compétences, les choix de dialogue ou encore le switch d'armes). On a l'impression que le développement du jeu a été bâclé, laissant de nombreux bugs et maladresses saccagés d'excellentes idées.
Alors que Skalp n'a tout simplement pas dépassé la troisième île, lassé par les combats, agacé par le framerate et les voix mal échantillonnées, je n'ai eu aucun problème à me laisser entraîner dans le voyage que nous offre Jason, oubliant presque tous ses petits défauts. Certaines scènes sont magnifiques, d'autres touchantes. Si il est vrai qu'à plein prix, cet achat ne peut se justifier, à 25 euros, il ne faudrait pas hésiter à tenter l'expérience, vous pourriez être surpris.
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