Zack Snyder fait parti de ces réalisateurs capables de réunir une horde de fanboys et de hateboys à chaque film. Si l'Armée des morts a pratiquement fait l'unanimité, ce n'était pas vraiment le cas de 300 ou encore de Watchmen (bande d'hérétiques, ce film est une tuerie). Sucker Punck pousse encore plus loin et Snyder nous offre là quelque chose de... différent.

Babydoll est une jeune fille dont la vie n'est devenue qu'un cauchemar suite au décès de sa mère. Internée dans un hôpital psychiatrique, elle n'aura comme seule échappatoire que son imagination. Entre le rêve, le fantasme et la réalité, l'adolescente, avide de liberté, nous entraînera dans ses univers.
Elle ne se jettera pas seule dans sa quête et sera suivie par 4 autres filles; Sweet Pea, une forte tête un peu fataliste, sa sœur Rocket plus impulsive ainsi que Blondie et Amber.
Leur objectif est simple; fuir Blue et Madame Gorski avant que le High Roller ne vienne s'occuper de Babydoll, mais pour cela, il faudra accomplir 5 missions et il ne leur reste que quelques jours...
Babydoll se libère des chaînes de Lennox House, grâce à son imagination débordante. Anéantie par la vie, elle s'enfuira rapidement dans le monde qu'elle s'est créé. Nous ne voyons que très peu la réalité telle qu'elle devrait être et nous naviguons principalement dans les eaux de l'imaginaire de Babydoll.
Dans ce premier univers, utilisant les bases de la réalité, Babydoll n'est qu'une orpheline abandonnée par un curé dans un bordel dirigé par un mafieux local, Blue. Pour survivre, il faut savoir plaire et surtout savoir danser, c'est ici que Madame Gorski (la psychiatre du monde réel) officie et c'est à ce moment que s'ouvriront à nous les dimensions totalement fantasmagoriques de notre adolescente.

Difficile à suivre ? Pas vraiment, quoique parfois un peu brouillon. On comprend plutôt rapidement que l'objectif est avant tout de s'échapper de l'asile et que ses quêtes réunissent tout simplement les éléments essentiels à son plan comme dans n'importe quel jeu vidéo. Mais Sucker Punch n'est pas qu'un simple scénario à suivre. C'est aussi et surtout un patchwork de références de pop culture, de jeux vidéo ou même d'animation japonaise.
Le film commence fort. Une narration à vous donner des frissons, un bande son explosive, une esthétique chiadée et des scènes d'action rythmées nous entraînent dans 1h50 d'un spectacle jouissif. Certes, il y a quelques longueurs, mais on les oublie rapidement entre 2 univers.
Outre le côté jeu vidéo sur lequel se base le film (je fais référence aux 5 objets de quêtes à trouver pour se libérer), à la première scène d'action pure, je n'ai pu m'empêcher de penser à Azumi, Blood+ ou encore Ikki Tousen. En effet, nous retrouvons Babydoll dans une tenue extrêmement proche des tenus d'écolières japonaises que l'on peut avoir l'habitude de croiser dans les univers manga. Rajoutez lui un sabre et une arme à feu ainsi que des dons de gymnaste survoltée et vous aurez une combattante hors pair.

Quant aux nazis zombies que l'on croise, stéréotype dont on ne lasse décidemment pas, ils sont arnachés de la même manière que les Helghasts de Killzone avec leur masque et leurs yeux rougeoyants. Le monde post-apocalyptique qui nous entoure alors rappellera à bon nombre de geeks les espaces torturés de certains jeux ou encore d'anime.
De nombreux clins d’œil peuvent être perçus par un public élevé au web, chacun pouvant alors y voir une référence de cette sous-culture et l'on se dira à ce moment "ah ben merde alors, ça ressemble à [veuillez mettre ici votre référence personnelle]".
Hé oui ! Sucker Punch s'est abreuvé dans la culture geek et a même dû s'y noyer à plusieurs reprises. Si l'ensemble est géré avec talent, on pourra noter quelques bizarreries visuelles comme la ville futuriste qui semble datée d'effets spéciaux des années 90 (genre Babylon 5) mais ce n'est pas si grave, on accroche quand même.

Oui ! Je suis fan de Sucker Punch et je ne peux que le conseiller... Après, je comprends que l'on puisse y être complètement hermétique voire même détester le film, c'est un peu l'effet Snyder. L'avantage c'est que l'on ne peut avoir qu'un avis tranché sur ce titre. On aime ou on déteste, pas de demie mesure.
Sa bande son, son esthétique et ses scènes d'action font oublier les quelques longueurs du film à qui, il est vrai, on peut reprocher de devenir parfois un peu brouillon. Si les transitions d'un monde à l'autre sont claires, certaines phases du scénario s'emmêlent. Je pense notamment ici à la manière dont le film est amené à tourner qui reste pour moi un tour de passe-passe maladroit de la part de Snyder.

En effet, sans dévoiler quoique ce soit on se dit tous "mais pourquoi elle a fait ça ?", "Ben, aucune idée en fait...".
Je me suis également aperçu que d'une personne à l'autre le côté référentiel n'était pas le même. Certains y verront le rapprochement avec un certain jeu, un film ou un anime alors que d'autre y trouveront une référence liée à un autre titre. C'est en fait plutôt normal puisque l'ensemble du film s'appuie sur l'héritage culturel de la pop culture actuelle et il est facile de trouver de nombreuses similitudes entre le film et des dizaines de jeux, films, comics ou animes.

Personnellement, j'attends déjà avec impatience une quelconque édition Blu-Ray collector qui trônera très certainement longtemps sur le haut de mon étagère... Ah ouais, tant que j'y suis... Je suis quand même allé le voir déjà 2 fois au ciné parce que quand on aime, on ne compte pas ! (et non, ce n'est pas pour comprendre le scénario @Bat00 et oui, je suis peut-être un peu maso @Kasilla :P)