Le geek est faible, mais alors vraiment des fois. J'avais dit que je ne succomberais pas à la nouvelle Asus Eee Pad Transformer TF101 (ça c'est du nom, du vrai) il y a quelques mois sur Twitter... Ben, finalement, j'ai succombé et je suis limite tombé amoureux de ma tablette 10.1". Alors voici un test de la dernière née d'Asus qui tourne, bien évidemment sur le dernier OS Android, c'est-à-dire Honeycomb.

Avoir une Asus Transformer TF101 en Amérique du nord, c'est un peu compliqué. En effet, Asus ne pouvait pas produire plus de 10 000 unités journalières jusqu'au mois de juin à cause de problèmes techniques. Les stocks se vident alors rapidement, surtout lorsque c'est déjà 400 000 unités qui ont été écoulées et que c'est toujours la folie autour de cette tablette.
Il faut aussi dire que la Asus Transformer possède un avantage énorme sur la concurrence qui n'a plus qu'à l'imiter; elle dispose d'un dock clavier en accessoire. Ainsi, vous pouvez transformer (ah ça y est, certains viennent de capter le pourquoi du comment du nom de la tablette qui n'a rien à voir avec Optimus Prime) votre appareil en PC portable à écran tactile en moins de 10 secondes. Nous allons y revenir plus tard durant ce test.
La Asus Transformer dispose d'une jolie fiche technique:
Processeur: Nvidia Tegra 2 Dual-Core 1GHz
RAM: 1GB DDR2
Stockage: 16/32Gb
OS: Android Honeycomb 3.1 (en update, 3.0 embarqué)
Écran: 10.1" LED capacitif 10 points
Résolution: 1280x800
Caméra: 1.2 Megapixels 1280x1024 et 5 Megapixels 2592 x 1944
Ports: 1 port propriétaire, 1 port microSD, 1 mini HDMI, 1 sortie/entrée audio
Réseau: Wifi b/g/n 2.4Ghz
Bluetooth: 2.1
Batterie: 9 heures environ
Accessoire: Dock Clavier portant la durée de la batterie à 16 heures et incluant 2 ports USB 2.0, 1 port SD
Autre: GPS, Accéléromètre, G-Sensor, Light Sensor, Gyroscope
Poids: 680 grammes
Prix:
Version 16 Go: 399$US/399$CAD/399 Euros
Version 32 Go: 499$US/499$CAD/499 Euros
Source
La Transformer arbore 3 boutons sur l'une de ses tranches. On y trouve l'irremplaçable et bien pratique Power ainsi que Volume + et Volume -. Les boutons usuels que l'on voit sur les périphériques Android (retour, home, Menu) s'afficheront sur l'écran ce qui, en cas de rotation horizontale ou verticale est beaucoup plus pratique.
On ajoutera, et ce n'est pas la moindre des choses, que le root de la tablette se fait assez simplement et qu'il ne nécessite aucun effacement de données. Ça rend donc la tablette extrêmement attirante aussi bien pour le grand public que pour le bidouilleur en manque de tests.
Soyons honnête, pour sa première tablette, Asus a fait un coup de maître. Je n'ai vu que 2 défauts sur la Transformer. Le premier est commun à toutes les tablettes (malheureusement) et concerne l'écran brillant. Cette particularité se rencontre aussi bien sur les laptops que sur les tablettes. Ainsi, si vous êtes en extérieur par temps ensoleillé, attendez-vous à ne rien voir ou presque.
Toutefois, ce problème se corrige très bien pour moins de 10$US (frais de port inclus) grâce à E-bay où vous trouverez des protecteurs d'écran mat. En plus de protéger votre tablette, vous pourrez l'utiliser dans des milieux très lumineux et cela éliminera une bonne partie des traces de doigts qui ternissent tous les écrans brillants. Merci E-Bay, merci Hong-Kong !
Autre défaut mais cette fois-ci particulier à la Asus Transformer, c'est son port propriétaire. En effet, la tablette ne dispose pas de port USB générique mais bien d'un port qui lui est propre de 40 broches et qui nécessite un câble particulier (qui se termine par un connecteur USB) pour être branché au PC.
Une fois encore, ceci se corrige également. Il suffit d'acquérir le dock clavier qui lui, comporte 2 ports USB 2.0. Ils sont malins chez Asus ! Enfin bon, j'aurais tout de même préféré avoir un simple port mini USB de base sur ma tablette quand même, comme pour les téléphones cellulaires.
Quelques minutes après avoir allumé pour la première fois la TF101, une mise à jour vers Honeycomb 3.1 nous est proposée. Cela dure quelques minutes et l'engin redémarre comme un charme.
Le travail de Google sur l'interface est colossal. La barre de tâches contient maintenant les 3 boutons essentiels à Android (retour, home, Menu) et suit la rotation de la tablette.
Il est maintenant possible de prendre un screenshot de notre bureau mais cela devient impossible de le faire dans une application mais heureusement, le market dispose de quelques outils pour palier à ce manque.
L'ajout d'un widget est maintenant beaucoup plus visuel et il est possible de voir une preview de ses différents bureaux sous la sélection de widgets. Ainsi, on peut facilement poser le programme sur le bon bureau et au bon endroit exactement.
En matière de multitâche, Honeycomb impressionne ! Twitter, Facebook, Pulse, News Republic, K-9 Mail, SCViewer et une 10aine d'autres d'applications tournent simultanément sans que la tablette ne rame et sans que la mémoire ne soit saturée. Les progrès de Google en gestion de mémoires sont énormes. Par provocation, j'ai voulu lancer un jeu optimisé Tegra 2 et le tout reste fluide, la tablette n'a aucune difficulté.
Quant au market, il est enfin devenu "user friendly" comme disent nos amis anglo-saxons. La navigation y est simple et l'on s'y retrouve assez facilement. Google y a mis les moyens et c'est une réussite.
Asus a eu l'intelligence de ne pas ajouter de surcouche à sa tablette. On y trouvera seulement quelques applications faites pour l'occasion mais rien ne sera là pour alourdir le système d'exploitation et ça, c'est une très bonne nouvelle.
Pour conclure, Honeycomb corrige énormément de petits défauts ergonomiques que l'on retrouve sur les versions 2.x et permet aux novices de s'y retrouver sans perdre les habitués d'Android.
Avec ses 680 grammes, le Eee Pad est un peu plus lourd qu'un ipad 2 et le tenir à une main n'est pas chose facile et ça tombe bien puisqu'une tablette de 10.1", ça se tient avec les 2.
L'écran offre une luminosité excellente et un angle de vue parfait. Le revêtement arrière empêche la tablette de glisser. En un mot, la prise en main est exemplaire.
Niveau connexion, nous pouvons utiliser le sans-fil en 2.4Ghz b/g/n. L'appareil est très stable et il n'y a aucune rupture de réseau. De toute manière, le hardware est un domaine que maîtrise parfaitement Asus.
L'APN est d'excellente qualité et se hisse dans le top. On peut filmer en 720p et 30 images par seconde. L'autre caméra est suffisante pour une vidéoconférence et supporte relativement bien le manque de lumière.
La tablette est reconnue comme un disque amovible sur PC et il est possible, via les outils de Asus, de synchroniser la machine avec, par exemple, ses contacts e-mails. Pour un usage professionnel, c'est une bonne solution.
Par contre Polaris Office est trop limité pour offrir une alternative à une suite telle que Microsoft Office ou LibreOffice. Mais il faut voir plus loin ! Affublée de son dock clavier, la tablette, devenue laptop tactile, dispose d'une autonomie de 16 heures et il est tout à fait possible d'utiliser un service tel que Google Docs (par contre oubliez Office 365 qui ne supporte ni Android ni iOS à ce que j'en ai lu).
Pour un blogueur par exemple, la Asus Transformer est un excellent produit qui permet de produire des billets. Avec quelques applications, tout devient possible ou presque. Il est certain que l'on ne peut faire de montages complexes par exemple, mais la base est là. Dans le pire des cas, on peut toujours utiliser des services web, c'est encore plus simple.
Si l'on s'attarde sur la navigation, le fureteur de Android Honeycomb est excellent. Les onglets sont faciles d'accès, il est rapide, on ne regrette pas son PC Portable du tout. En plus, il existe des navigateurs alternatifs pour ceux qui en voudraient davantage !
Du côté des fonctions multimédia de la bête, là encore, plein de bonnes choses ! La lecture 720p se fait directement sur la tablette et il est toujours possible d'utiliser la sortie mini HDMI pour se connecter à un écran 1080p ! Le son qui sort de la tablette n'est pas très bon (point commun à toutes les tablettes d'ailleurs) mais une fois que l'on branche un casque, ça change du tout au tout et on profite alors d'un son de qualité, dépendant bien évidemment de la qualité du casque ou des enceintes branchées.
Le côté "reader" (liseuse en français me souffle-t-on mais je ne m'y ferai pas, désolé) est, vu la qualité de l'écran, tout aussi excellent. On peut y lire livres, mangas, comics ou B.D. sans problème. Les couleurs sont lumineuses et la définition de 1280x800 offre une définition parfaite pour ce type d'usage.
Quant aux jeux, le Tegra 2 sort les griffes et c'est quelque chose ! Jamais les jeux Android n'ont été aussi beaux et fluides. Le Eee Pad est une véritable plate-forme de jeux nomade. Nvidia suit son produit et pousse les développeurs vers son processeur. On commence à voir arriver des jeux dédiés au Tegra et ça, c'est tout bon, car en plus de proposer souvent des versions gratuites, quand il faut payer on débourse entre 0.99$US et 3.00$US en général pour de la qualité.

Ce dock clavier est une vraie révolution. Dans un premier temps, c'est un pied-de-nez au Chromebook puisque rien n'empêche un utilisateur Honeycomb d'utiliser des services en lignes de bureautique par exemple... En plus, les 2 ports USB dont dispose le dock permettent de brancher sans aucune difficulté des disques dur externes. Ils sont reconnus en quelques secondes.
Les explorateurs de fichiers sont suffisamment évolués pour que la navigation s'y fasse aussi facilement que sur n'importe quel PC. Ce clavier est une sacrée révolution. Il apporte tellement à la tablette qu'il devient facile d'imaginer des PC portables tactiles démontables selon l'usage que l'on va en faire. Si le loisir se contente sans trop de problèmes du "tout tactile", le milieu professionnel a besoin de plus.
L'environnement Android est en cours de croissance et n'est pas encore arrivé à maturité en terme d'outils de productions même si, comme nous l'avons vu plus haut, on peut très bien trouver un moyen de compenser lorsqu'il s'agit de tâches de bureautique. Il ne faut pas oublier que la plate-forme attire également de plus en plus en plus de développeur et que les applications dédiées se multiplient comme les moustiques en été, donc un peu de patience...

La Asus Transformer est, pour moi, la meilleure surprise technologique de ces trois dernières années (oui oui). Une véritable association entre netbook et tablette. Les usages sont nombreux et c'est un outil de veille exceptionnel.
La nouvelle interface corrige pas mal de défauts et est visuellement attrayante pour attirer tous les publics. En plus, la tablette associée à son dock à une sacrée bonne gueule.
Actuellement, cette TF101 est la seule tablette à avoir été pensée pour servir à la fois comme tablette et comme PC portable. On connaît l'expérience de Asus en la matière avec son Eee PC et c'est donc un produit de qualité à un prix très agressif que l'on a vu arriver sur le marché.
Même si les tablettes ont été pensées loisir, Asus a su tirer son épingle du jeu en proposant beaucoup plus. La bureautique n'est pas inaccessible via des outils tels que Google Docs et les applications dédiées Honeycomb commencent à arriver sur le marché.
Si vous devez acheter une tablette, n'hésitez pas plus longtemps, cette Asus Eee Pad Transformer est un vrai bonheur et pourra vous servir au quotidien. Son prix, son côté modulaire et son interface rendent son usage plus qu'agréable. L'Ipad vient enfin de se trouver son premier concurrent sérieux.
Je crois que vous avez compris que je suis conquis et je n'ai pas besoin d'en rajouter !