Tokyo Gore Police

Des hectolitres de sang et des tonnes de tripes, voilà à quoi va vous confronter le film de Nishimura. Déjà en phase de devenir culte dans le petit monde du cyberpunk trash, Tokyo Gore Police arrive à impressionner malgré son budget réduit. Comme quoi, les talents d'un réalisateur torturé peuvent faire des miracles, n'en déplaisent aux superproductions profondément chiantes que nous vomit fréquemment le cinéma américain.

 



Dans un Tokyo futuriste, la police a été privatisée, une nouvelle corporation est née. Malgré le pouvoir détenu par cette nouvelle entreprise, un dernier rempart semble se dresser devant Tokyo, les mutants. Apparus soudainement et de plus en plus nombreux, ils se déchaînent sur la ville sous un déluge sanguinaire. Une fois tué puis autopsié, un point commun les réunit tous; une sorte de tumeur en forme de clé est trouvée logée quelque part dans leur corps.

 

Afin de lutter contre ce nouveau fléau, la corporation forme des unités d'élite dont la star, Ruka (Eihi Shiina) éradique la menace à l'arme blanche. Derrière un physique et une tenue à en faire baver plus d'un, Ruka déchaînera sa colère puis sa vengeance sur ce monde apocalyptique, le katana à la main.
Ruka

 

Malgré son budget plus que limité, Nishimura a su s'entourer à la fois d'une actrice charismatique à travers Eihi Shiina mais également d'un chorégraphe génial, Tak Sakaguchi, particulièrement reconnu pour Versus. Le film fait invariablement pensé aux valeurs sures que son Meatball Machine de Yamaguchi et Machine Girl de Iguchi. Derrière les déluges de sang et d'atrocités, on reste bouchée bée. L'excès et la transgression de toutes les règles usuelles font de ce film une curiosité difficile à contourner.

 

À l'image de Meatball Machines, les mutants sont parfois plus qu'originaux. Nous croiserons ainsi une sorte de femme escargot et une femme chaise... D'ailleurs, on ne peut s'empêcher de rire devant le nombre sidérant de scènes bizarres qui s'offrent à nous. Tout est disproportionné et c'est ce qui fait le charme incontestable de ce film. Ainsi, un homme peut survivre sans trop de problème après s'être fait coupé un bras et une jamble à coup de dents tandis qu'un autre va utiliser son sang comme moyen de propulsion. Vous ne serez pas au bout de vos surprises. L'humour corrosif fait donc partie du mélange explosif que nous a préparé Nishimura.
La femme escargot

 

De plus, pas une minute l'action et l'horreur ne s'arrêteront... Ruka parle d'ailleurs très peu, préférant laisser son katana s'exprimer pour elle. Et on en redemande ! Ce film pourrait se décrire avant tout comme une sorte de ballet chorégraphique particulièrement trash. Les membres volent avec style, le sang gicle avec emphase et les mutants se battent comme de véritables berserkers. Ruka, quant à elle, reste belle et énigmatique malgré ses actes plus que tranchants.

 

Si vous êtes un fan de films gore, Tokyo gore Police vous plaira certainement. Si vous désirez appréhender le cyberpunk trash japonais, voilà un bon moyen de le découvrir à travers cette oeuvre qui risque de devenir culte. Bien entendu, le film doit avant tout être pris au second degré, et quelques coupures de fausses publicités sur l'automutilation et le suicide viendront vous le rappeler.

Titre Original: Tôkyô zankoku keisatsu
Réalisateur: Yoshihiro Nishimura
Pays: Japon
Année de production: 2008
Genre: Horreur - Gore
Durée: 110mn


Ajouter un Commentaire



Suivre PnG sur

Twitter Plug'n Geek Facebook Plug'n Geek Google + de Plug'n Geek

Publicité

Partenaires