Viking: Battle for Asgard
La légion de Hel est là et elle menace Asgard, le royaume de Skarin le viking. Mort dignement au combat et choisi par la Valkyrie Freya, il devra, en tant que héros immortel affronter les pires ennemis que Midgard ait eu à affronter. C'est ainsi que le tableau se dresse pour ce jeu dont on a peu entendu parler, Viking: Battle for Asgard. Quelques vidéos, quelques photos et une sortie plutôt discrète pour un jeu... qui vaut le détour.
À perte de vue
Plaines, montagnes, cités et villages seront les principaux environnements du jeu. Ceux-ci sont tout simplement immenses et il n'y a de chargement qu'entre les différentes îles. Skarin, notre héros, devra accomplir plusieurs quêtes afin de reprendre du terrain sur la légion et regagner les différents fiefs vikings.
Graphiquement, le titre est de la même trempe que Overlord, donc plutôt joli sans être le summum de ce que l'on voit sur PS360. Les lieux envahis par la légion sont lugubres, il y fait donc nuit et en plus, il y pleut. Une fois récupéré par notre viking, ils redeviennent plus colorés, plus vivants. Cette rupture entre les 2 mondes nous permet, en plus d'apporter une ambiance propre aux 2 camps, de repérer rapidement les endroits dangereux de la carte.
D'ailleurs, les développeurs ont optimisé les déplacements de notre guerrier. En effet, en accédant à la carte, vous pourrez pointer vos objectifs pour mieux vous diriger et éviter de vous perdre inutilement. De plus, sachant que les îles sont vraiment grandes, il existe des menhirs qui vous permettront de vous téléporter facilement d'un point à un autre. Votre carte s'actualisera au fur et à mesure de votre progression.
L'animation, quant à elle, est de bonne qualité et le framerate généralement stable. Ainsi, si tout est fluide habituellement, les séquences de batailles se mettent parfois à ramer, surtout si l'on s'approche d'un shaman, entouré d'effets lumineux rouge et de gardes. Mais ces batailles affichent pas loin d'une centaine de combattants et on a souvent l'impression d'en avoir bien plus... C'est grandiose ! Les combats y sont chaotiques, violents et extrêmes. Un vrai bonheur ! C'est ici la meilleure prestation dans le domaine que j'ai pu voir depuis des lustres, bien plus impressionnant qu'un Dynasty Warriors.
Par contre, il y a relativement peu de modèles de personnages. En effet, les vikings se ressemblent absolument tous et on doit avoir un maximum de 5 skins différents durant tout le jeu, nos 3 dragons sont identiques et la légion est malheureusement tout aussi pauvre. 6 ou 7 types de guerriers, 1 de géant, peut-être 2 de lieutenants/gradés et 1 de shaman. Pas de quoi s'extasier et passé la première île, il ne faudra pas s'attendre à voir le stock se renouveler...
D'un autre côté, la musique rythmant ces assiègements est excellente et nous fait bien comprendre que l'on est dans un moment crucial du jeu, un moment unique. Elle donne un côté épique à l'ensemble. À côté de cela, les doublages français sont moyens. La doubleuse de Freya est parfois ridiculement jouée mais l'on y prête finalement peu attention.
L'ambiance de Viking est réussie. On alterne les différentes missions dans un environnement qui donne une véritable impression de liberté et les batailles sont aussi marquantes que titanesques. Certes, dans les moments les plus extrêmes, ça ralentit mais on ne peut que pardonner ce défaut, vu l'effort accompli... Tout le monde se bat, ça explose dans tous les coins et on ne sait plus où donner de la tête. Et plutôt que de se diriger directement sur nos objectifs, on prend un malin plaisir à placer quelques combos au coeur de la mêlée afin de démembrer quelques ennemis.
Des bases connues
Au premier abord, on pourrait croire que Viking: Battle for Asgard n'est qu'un beat'em all de plus. On a des combos à débloquer au moyen d'argent, un peu de magie et des QTE pour achever différents boss. Déjà vu ? Oui. Mais on a aussi... de l'infiltration ! Ce n'est pas le genre de choses que l'on voit habituellement dans ce type de production mais commençons par le début pour revenir un peu plus tard sur ces missions un peu spéciales qui offrent un peu de finesse dans cet univers bestial.
Skarin devra accomplir différentes quêtes qu'il trouvera via quelques NPCs (très peu nombreux) ou tout simplement en se balladant sur la map. Peu importe les îles, on retrouve systématiquement le même type de quêtes. Ainsi, on aura à libérer différents clans vikings retenues dans des scieries, distilleries, carrières ou encore des villages, à dresser des embuscades pour surprendre la légion et également à détruire leurs tours de guet. Tout ceci forme un passage obligé pour obtenir une armée suffisamment puissante pour récupérer une cité.
Pour arriver à ses fins, notre ami devra économiser ses deniers et aller s'entraîner en arêne afin d'apprendre de nouveaux mouvements. Ceux-ci seront de plus en plus efficaces et vous permettront d'asséner des coups fatals de plus en plus rapidement. Skarin utilise 2 touches pour se battre et une pour contrer. Il dispose donc d'un coup rapide et d'un coup puissant. Tout un panel de variantes viendra s'ajouter au fur et à mesure du jeu.
À cela se rajoute la forge qui vous permettra de placer 3 types de runes (feu, glace et éclair) qui, lorsque activée vous offria pendant l'espace de quelques secondes (ou de quelques minutes, suivant la situation) un pouvoir élémentaire très utile contre les différents boss. Afin de profiter de cette puissance, vous devrez remplir votre jauge rouge en tuant de plus en plus d'ennemis. Une fois libérée, la puissance magique de votre épée ne s'arrêtera que lorsque cette jauge sera épuisée.
Quant aux boss, on les rencontre lors de certaines quêtes et en plein champ de bataille. Ils sont donc fondus dans la masse. En fait, ce sont des géants ou encore des gradés de l'armée de la légion. Leur taille imposante permet de facilement les distinguer du lot. Pour les abattre, il faudra donc les affaiblir et déclencher la QTE qui mettra fin à leurs jours.
Étrangement, on ne ressent pas vraiment de sensation de répétitivité et le jeu n'est pas assez long pour qu'on s'en lasse (entre 10 et 15 heures environ). Les environnements ont été très bien pensés et c'est avant tout l'impression de liberté qui nous marquera. D'ailleurs, leur taille étant conséquente, il faudra toujours penser à fouiller autour du point de quête pour trouver le menhir qui y est associé et ainsi, s'éviter de longs voyages.
Hormis ce conformisme, il existe 2 points importants du gameplay qui se démarquent du lot; les missions d'infiltration et les batailles.
Un peu de finesse dans ce monde de brutes
Notre bon Viking développera la capacité de tuer sournoisement et discrètement ses ennemis en les attaquant de dos. Cette possibilité sera exploitée à son plein potentiel lors de différentes missions. Vous devrez parfois infiltrer la ville que vous allez attaquer ou un village ennemi afin de vous préparer au combat final.
Ces missions doivent être menées de manière plus fine que les autres. En effet, vous ne pouvez pas vous permettre d'arriver au milieu de vos ennemis et espérer les tuer tous. Avec plus de 4 adversaires, Skarin commence à être en difficulté. Vos ennemis ne sont pas vraiment du genre à taper chacun leur tour ni à attendre les coups...
Ici, vous devrez contourner au maximum les légions, vous cacher, éliminer les gardes le plus discrètement possible et éviter qu'un soldat muni d'une corne de brume ne sonne l'alerte. Si la première mission est assez facile, la deuxième sera plus corsée et vous devrez faire preuve de vigilence et de rapidité.
C'est un peu dommage que l'on ne puisse avoir qu'une seule mission de ce genre par île/cité à libérer. Il ne reste plus qu'à les savourer parce que vous n'en aurez qu'une poignée. Le gros avantage de ce type de quête est d'avoir déjà un aperçu de la cité que vous allez envahir. À chercher les recoins et les raccourcis pour accomplir sa mission, on retient assez facilement le plan de la ville.
Épique et dynamique
Tout ceci nous amène au nerf de la guerre, l'invasion, la récupération des cités Viking ! Une fois toutes vos quêtes accomplies, vous pourrez déclencher la grande bataille... Ici, vous serez aidé progressivement de 1, 2 puis 3 dragons pour éliminer les objectifs vous menant à la victoire.
Le seul moyen d'avoir recours à ces braves bêtes est de terrasser un géant ou un gradé de la légion afin de récupérer une ou deux runes de dragon. Chaque bataille vous oblige à éliminer des shamans ressucitant les morts et faisant venir de nouveaux guerriers. En regardant la carte, vous verrez en rouge les cibles que peut atteindre un dragon. Les cibles "soldats" ne coûtent qu'une rune alors que les cibles "shamans", objectifs principaux, vous en coûteront 2. À vous de voir comment mener le combat pour vous faciliter la tâche.
Je vais me répéter en écrivant cela mais ces combats sont magistraux. Chaque soldat se bat, certains s'interposeront entre vous et un éventuel ennemi alors que certains ennemis tenteront de vous barrer la route. Le chaos est installé, la dimension épique prend tout son sens lors des cinématiques nous montrant les attaques de dragons qui pulvérisent tout sur leur passage.
La bataille se finalisera par la prise du portail de la légion par votre shaman. Ici, il faudra bien sûr aider les soldats à le protéger car les ennemis se jetteront littéralement sur lui durant les quelques minutes qui lui seront nécessaires pour désactiver le portail.
Une fois la guerre terminée, vous partirez libérer une nouvelle cité, ce qui vous rapprochera du combat final, plus épique que jamais.
Conclusion
Le compromis graphique est plus compréhensible quand on voit la première bataille. Il est d'ailleurs surprenant que le jeu reste encore fluide lors de ces moments et l'on pardonne facilement les quelques baisses de framerate que l'on subira lorsqu'on s'approchera des shamans ennemis.
Certains diront que le jeu manque d'originalité et se trouve être répétitif. Ils seront passés à côté d'un très bon jeu ! Viking: Battle For Asgard n'a jamais été présenté comme un clône de God Of War. Il est moins nerveux qu'un beat'em all traditionnel mais tout aussi agressif avec ses mises à morts brutales et spectaculaires. Viking emprunte à différents genre pour se créer son propre dynamisme, et ça fonctionne très bien.
La finalité du titre reste ces batailles qui rendent le jeu magique si on prend le temps de s'imprégner de l'ambiance. En pleine action, les combos prennent une autre dimension... On touche une dizaine d'ennemis, on se fait un chemin pour atteindre le shaman ennemi et l'on balance un dragon sur ce qui nous dérange.
Certes, le jeu n'est pas parfait. On pourra lui reprocher un manque de renouvellement, donc une certaine répétitivité masquée par un environnement de taille conséquente. Le scénario n'est pas non plus exceptionnel mais on prend tout de même plaisir à se laisser bercer par l'histoire et la reconquête de Midgard. Certains pourraient trouver le gameplay trop simple mais il est surtout efficace et convient parfaitement au jeu.
Seul réel problème, l'armement de Skarin est un peu trop limité. Il ne changera jamais d'armes et pourra acheter un maximum de 3 hachettes de lancer et 3 bombes... C'est peu. On aurait aimé avoir le choix et pouvoir même récupérer des armes sur nos ennemis.
Viking: Battle for Asgard est un très bon jeu d'action. Si vous voulez vivre une épopée épique, une aventure sanglante dans le monde d'Asgard, n'hésitez même pas ! L'aventure n'attend que vous.
Pour ce premier trimestre 2008, Viking: Battle for Asgard aura été mon gros coup de coeur. Je n'attendais rien de particulier de ce titre, SEGA communiquant très peu dessus. C'est donc avec curiosité que j'ai testé le jeu et là... J'ai directement accroché à l'ambiance, au héros et au gameplay, même si je dois avouer que je trouve que ça manque un peu de batailles épiques. Il n'y en a pas assez.
Rien que pour le plaisir, j'ai relancé le jeu en mode difficile car je trouve le mode normal un peu trop facile et l'on a de vrai challenge vraiment qu'à la toute fin. Les mises à morts ont été très bien pensées. Ainsi si sur vous êtes seul avec un ennemi, vous aurez un beau ralenti, montrant les dons de boucher de Skarin. Par contre, si vous êtes dans le feu de l'action, tout va beaucoup plus vite pour ne pas casser le rythme du jeu.
Viking: Battle for Asgard se vit un peu comme un film. De nombreuses scènes vous feront penser au Seigneur des Anneaux dont il s'inspire sur les cinématiques de batailles. Ces scènes, utilisant le moteur du jeu, sont impressionnantes tellement on peut voir d'hommes à l'écran. Et on reste de surpris lors du passage à l'action car tout ce beau monde est présent et se bat. En gros... Achetez-le !
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