Android : Quand le piratage peut tuer la créativité

De base, je n'ai jamais été contre le warez, bien au contraire (autant être franc tout de suite). Copier un jeu à 59$ (ou 59 Euros, maudite parité), ça peut parfaitement se comprendre, surtout lorsque le titre n'est pas bon ou que sa durée de vie n'excède pas 5 à 6 heures. Par contre, copier en boucle des titres à.... 3$ (un 'tit café quoi), ça... non y'a un truc qui m'échappe.


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Le cas d'espèce

Radiant est un jeu Android extrêmement populaire. Au coût de 1.99$CAD (version HD ou non) et disposant d'une version Lite gratuite, le jeu a subi un piratage énorme:

- 43% aux États-Unis
- 70% en Europe
- 91,7% en Océanie
- 97,4% en Asie
- 97,9% en Amérique du Sud

Certes, il a rapporté 30 000$ au créateur, ce qui est une somme honorable, mais il aurait pu rapporter beaucoup plus et surtout à ce prix, ne le méritait-il pas ?

Rien n'est gagné sur Android où la concurrence entre les titres est féroce. Sortir du lot nécessite réellement du talent surtout lorsqu'il existe une pléthore de concurrents 100% gratuits.

 

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La balle est chez Google

Google a promis un nouveau système de licence pour pallier au problème. Pour le moment, il n'y a pas grand chose à faire. Certains développeurs ont sorti de réelles protections (Spectral Souls) mais ce n'est pas donné à tout le monde. En effet, entre un indépendant et un studio il y a un gouffre. On peut ajouter à ça qu'une protection a un coût et que c'est l'utilisateur final qui le paye.

Ce que pourrait faire Google pour pallier au piratage risquerait de jouer contre les consommateurs. Solution de facilité, on pourrait imaginer ne plus pouvoir installer facilement des apk (applications) provenant de sources extérieures à l'Android Market. Le commun des utilisateurs n'utilise pas cette fonction de toute manière. Ce serait la justification que l'on nous sortirait.

Ce n'est peut-être pas à l'ordre de jour, mais les studios pourraient aisément faire pression sur Google en menaçant de se limiter au développement sur iphone/ipad qui, de toute manière, reste plus simple puisque le matériel est homogène contrairement aux tablettes et smartphones estampillés du robot vert.

En plus, les applications installées illégalement sont en théorie facilement localisables par big brother. Elles ne figurent pas dans la liste de vos applications mais pourtant elles sont là, visible dans les activités de la tablette.

 

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Si Google décide d'agir de manière brutale, on entrera dans une nouvelle guerre dont la victime sera le respect de la vie privée des utilisateurs d'androphones (vu la tête de la pub que ça ferait, j'en doute).

Plus fourbe, Google peut utiliser des méthodes que l'on connait chez Microsoft sur console, le bannissement de l'Android Market. Par contre un bannissement pur et dur du périphérique (donc peu importe le compte Gmail utilisé, il serait impossible de se reconnecter au Market) est inenvisageable à cause de la diversité matériel peuplant le microcosme Android.

En gros, sur l'ensemble des solutions que peu déployer Google, aucune n'est vraiment souhaitable. D'un côté, on risque de se retrouver dans la position d'un possesseur iphone/ipad, c'est-à-dire un système qui va se refermer sur lui-même (licences chiffrées nécessitant des connexions en tout temps, obligation de passer par le market, etc.). De l'autre, on imagine facilement des solutions ultra invasives à la limite de la chasse aux sorcières.

Le système actuel, bien que peu protégé est pourtant respectueux de l'utilisateur. On peut reprocher à de nombreux éditeurs de ne pas proposer de version démo (ou light) de leurs logiciels et jeux mais à ce niveau, un effort est fait par de plus en plus de développeurs.


Une alternative acceptable mais des pirates peu scrupuleux

En plus, on connait également une alternative déjà en vogue chez certains petits studios; la publicité incrustée dans l'application. Sur certains RPGs comme par exemple Inotia 3, on peut voir une pub s'afficher entre chaque chargement. Plus invasif, certains jeux affichent une bannière en bas du jeu toutes les demies heures environ.

La version payante du titre, quand elle existe, propose alors un titre nettoyé de toute pub. Difficile de critiquer la solution quand on voit l'état des lieux.

Le problème actuel vient des gens voulant le beurre et l'argent du beurre (et surtout le cul de la crémière en fait). Agacés par les pubs, ils se procurent la version warez et économisent ainsi une cannette de coca. Le comble étant une version crackée empêchant les pubs de s'afficher quand il n'existe qu'une version gratuite. On atteint là un sommet rarement atteint en matière de connerie.

 

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Un non sens

On peut défendre la licence globale, le partage ou toute vision "juste" de la propriété intellectuelle mais on ne peut pas cracher au visages de développeurs indépendants qui font ce qu'ils peuvent pour vivre de leur métier. Alors oui, des titres comme Angry Birds rapportent énormément d'argent mais Radiant, pour reprendre cet exemple n'a rapporté que 30 000$ avec un manque à gagner bien plus important que les gains.

Les nouveaux développeurs doivent galérer pour passer les 1000 copies téléchargées légalement et si jamais leur projet nécessite un développement complexe (je pense par exemple à l'Unreal Engine 3 ou encore un moteur "maison") et donc une hausse des coûts, ils jouent au poker.

Contrairement à l'univers PC/Console, le milieu des Smartphones est encore plein de petits développeurs talentueux, de studios de 2 ou 3 personnes  et ce serait dommage qu'ils doivent laisser tomber au profit des Gameloft, E.A. et consorts tout ça parce qu'ils n'auront jamais les reins assez solides pour supporter le coup du piratage et ne voudront/pourront pas protéger leur création adéquatement.

On peut par contre, à juste titre, critiquer les modes de paiement limités de l'Android Market, mais est-ce aux développeurs d'en payer le prix ?

Alors merde quoi ! Arrêtez de déconner... Au pire, prenez la version warez quand aucune manière de tester le jeu ou l'application correctement existe, mais si vous l'utilisez et qu'elle vous plaît, payez les quelques dollars/euros demandés, c'est pas la ruine...

Ça vous fera quoi ? Un ou deux pepsi de moins ? 2 verres d'eau à la place, c'est meilleur pour la santé et un développeur indépendant pourra peut-être devenir riche un jour, ou au moins vivre de son travail sans avoir à se coltiner un patron derrière lui...

Voilà, je me sens mieux !

 

 

 

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