MegaUpload fermé. Des dizaines de remplaçants disponibles. La disparition du service aura été une grosse opération médiatique et un coup énorme porté à beaucoup de sites de streaming et de téléchargement direct. Il y a plusieurs enseignements à tirer de cette affaire...

La semaine dernière, nous avons eu une preuve supplémentaire sur la politique américaine en matière de défense des intérêts privés. Ils imposent leurs idées, leurs lois au reste du monde. Ils saisissent les noms de domaines, les serveurs (qu'ils soient ou non en dehors de leur juridiction) et... les autres États suivent.
Et ça, c'est grave. Au nom de la propriété intellectuelle, certains pays se permettent tout et n'importe quoi. Savoir que le président Français a pu saluer l'action américaine est une honte. Ce n'est pas son rôle.
Ça fait un moment que de nombreux hacktistives, blogueurs ou encore simples internautes ont tiré sur la sonnette d'alarme. Megaupload était bien au courant que son service avait comme principale vocation le piratage. De plus, ils ont encouragé les gens à uploader le maximum de fichiers potentiellement intéressants pour le plus grand nombre contre des points permettant d'obtenir de l'argent ou des abonnements premium.
Là où ça va mal, c'est que leur mode de fonctionnement est unilatéral. Ils récoltent l'argent et le reste ne les intéresse pas. En gros, le business model de Megaupload est une vision pervertie de la notion d'accès à la culture. Il est facile de s'en réclamer mais dans notre cas et vu le passé du patron, c'était avant tout un moyen de faire du pognon.
Megaupload ne doit pas être un symbole mais il a réveillé les gens. On ne doit pas pleurer ce service mais on doit dénoncer l'espèce de terreur que tente d'imposer les majors. En fait, j'ai un peu l'impression qu'un début de révolution numérique est en train de souffler sur le net et ça ne nous fera pas de mal car nous en avons besoin.
Les majors et les gouvernements ont imposé un climat malsain. Ce n'est pas nouveau. Mais l'explosion de Megaupload est de leur faute. En s'attaquant au P2P, il ont ouvert la boîte de Pandore. Ils ont tout simplement permis la création de business model unilatéraux que ne rétribuent rien d'autre que les créateurs de ces systèmes, là où le P2P avait installé, avant tout, un communautarisme et une politique de l'échange.
La fin de Megaupload ce n'est que la preuve de l'échec de ces politiques. Le FBI n'a que fait mettre fin à ce qu'avait créé son gouvernement et quelques autres. Et s'ils pensent que les choses vont en rester là, ils se trompent. Tant que ces lois ridicules, qui ne défendent que les intérêts privés d'une minorité perdureront, des business model de plus en plus complexes à démonter verront le jour et ils y perdront bien plus que nous.
Ils se sont organisés en quelques minutes à peine. Les DDOS ont été incroyablement nombreux et touchent des sites sur la planète entière Les cibles choisies étaient évidemment symboliques (FBI, Vivendi, Universal, Sony, Hadopi, etc.). D'ailleurs, Sony a encore eu le droit à un traitement de faveur ! Vous trouverez leur catalogue en téléchargement direct ou en torrent...
Anonymous traduit bien ce ras-le-bol de la population pour ces affaires qui ne font que soutenir le business vieillissant d'une industrie complètement inadaptée au monde qui l'entoure. Ils sont riches et puissants mais ça ne durera pas éternel. De plus, nous savons nous adapter plus rapidement qu'ils n'éliminent ceux qui les dérangent.
Les solutions de remplacement de Megaupload sont déjà là (et hop, petite lecture du billet précédent, Megaupload remplacé) et nous apprenons de nos erreurs. La majorité des sites utilisant Megaupload n'utilisait que ce service. Dès aujourd'hui, les fichiers sont copiés chez plusieurs hébergeurs simultanément. Ça va devenir de plus en plus difficile de tout supprimer, vu la pluralité de services utilisés.
Si les services de téléchargement direct commencent à avoir peur, comme c'est le cas avec FileSonic qui a désactivé son système, le P2P et les VPNs risques de reprendre du poil de la bête. Peut-être finiront-il par revenir sur le devant de la scène...
Si nous y revenons, il y a fort à parier que les majors se retrouveront une fois de plus le bec dans l'eau, car nous nous adaptons de plus en plus rapidement aux changements qu'ils nous imposent.
Filesonic qui prend peur, les Anonymous qui explosent, l'affaire Megaupload est allée beaucoup plus loin que ne l'aurait imaginé le FBI et les USA. Ils pensaient sûrement réaliser un coup médiatique capable d'effrayer Madame Michu et tout ce beau monde s'en félicitait déjà, mais ils n'avaient pas prévu de retour de bâton.
Les sites de téléchargement direct ont déjà multiplié les hébergeurs et le net est en ébullition. Anonymous atomise des dizaines de site et le coup médiatique se transforme en cauchemar. En fermant Megaupload, la preuve est faite que les loi liberticides de type Hadopi n'auront été d'aucune utilité et que la seule chose qu'elles auront pu faire, c'est de créer des business model bien pire que ce qu'était le P2P qu'elles avaient diabolisé.
Où alors, vous regardez l'image suivante et vous vous dites... Avec ça... on va bien rigoler, si, bien entendu ce n'est pas un fake car personne ne s'en est réclamé officiellement (donc faites super gaffe quoi...). Parce que entre le phishing et les fakes, on est servi...
Et puis... que le warez soit grand public ou non, il n'est jamais mort et pourtant, il a souvent souffert. Voici un article, écrit en 2010, qui récapitule les déboires de la scène warez de 2000 à 2010. Ceux qui font le warez se revèlent toujours... Ceux qui en profitent sont trop nombreux pour être arrêtés.